donnéesPourquoi l'histoire de l'évêque américain outé par ses données Grindr est très inquiétante

Par Tessa Lanney le 22/07/2021
Grindr

Monseigneur Jeffrey Burrill, responsable de l'Église catholique aux États-Unis a été trahi par ses données Grindr. Une affaire particulièrement inquiétante concernant la confidentialité des données des utilisateurs de l'app.

La foi, c'est croire sans voir. Ou sans avoir lu les données de confidentialité de Grindr. Monseigneur Jeffrey Burrill en a fait les frais. Dans une enquête aux méthodes décriées, le site d'informations catholiques américain The Pillar révèle que Jeffrey Burrill, membre du diocèse du Wisconsin (Etat du nord), aurait régulièrement utilisé entre 2018 et 2020 l’application de rencontres gay Grindr. Et les données de géolocalisation de l'application ont permis d'identifier que l'évêque se serait fréquemment rendu dans des établissements gays entre 2018 et 2020.

"Sous-entendus homophobes"

Ces révélations ont conduit la Conférence des évêques à pousser Jeffrey Burrill vers la sortie. "La Conférence des évêques catholiques des États-Unis a appris l’existence d’informations de presse en attente de publication, présumant un possible comportement indécent de son secrétaire général, Monseigneur Jeffrey Burrill", déclare a l’organisation dans un communiqué. Elle met également un point d'honneur à souligner qu'elle prend "au sérieux toutes les allégations de conduite inappropriée". Pour écarter toute allégation de scandale pédophile, elle a tout de même précisé que les accusations qui pesaient sur Mgr Burrill "ne concernaient pas de conduite indécente envers des mineurs".

Face à cette chasse aux sorcières 2.0, le site The Catholic Reporter dénonce "le manque d’éthique et les sous-entendus homophobes" de l'enquête menée par média d'information. Pourtant, à en croire le rédacteur en chef de The Pillar, JD Flynn, il en allait "de l'intérêt général" de lever le voile sur la vie privée de l'ecclésiaste. Monseigneur Jeffrey Burrill n'a cependant enfreint aucune loi.

Inquiétude sur les données de Grindr

Une affaire inquiétante pour les 4,5 millions d'utilisateurs quotidiens de l'application de rencontres gay. Selon le média américain, les données qui ont permis d'identifier l'évêque sont des "données disponibles commercialement". Des données vendues à des « data brokers », qui les utilisent pour faire de la publicité ciblée en fonction des goûts et des habitudes des internautes.

Et si officiellement, elles ne contiennent aucune information sur l’identité des utilisateurs, retrouver l'identité d'une personne est chose facile pour qui sait lire ces mines d'information : une adresse très fréquentée est facilement identifiée comme le domicile ou le travail de l'internaute. De là, retrouver l'identité d'un profil devient un jeu d'enfant.

 

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Crédit photo : James Owen via Unsplash