cinémaCannes 2025 : "Que ma volonté soit faite", sur la terre comme à la ferme

Par Florian Ques le 23/05/2025

Présenté à la Quinzaine des cinéastes, Que ma volonté soit faite est le deuxième long-métrage de Julia Kowalski, qui signe ici un récit d'apprentissage cru et féministe. Au cœur de son intrigue aux contours fantastiques : le désir lesbien.

Il y a deux ans, la cinéaste française Julia Kowalski signait l'angoissant J'ai vu le visage du diable, où une jeune Polonaise catholique interprétée Maria Wróbel luttait contre son homosexualité. De retour à Cannes cette année, la réalisatrice présente son deuxième long-métrage, Que ma volonté soit faite, où elle continue son exploration des amours féminines contrariées.

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Dans la campagne vendéenne, la jeune Nawojka mène une vie peu propice à l'épanouissement : depuis la mort de sa mère, elle travaille avec ses frères au sein de la ferme familiale, semblant nouer peu de contact avec d'autres personnes de son âge. Alors qu'elle envisage de quitter l'exploitation de son père pour entreprendre des études de vétérinaire, débarque Sandra, une voisine à la réputation douteuse. Rapidement, Nawojka ressent d'étranges changements, dans son esprit comme dans son corps, qui évoquent un cas de possession…

Déclic lesbien en terres rurales

Si le film dresse tout d'abord le portrait d'une famille dysfonctionnelle en terre rurale, il se meut rapidement en exploration du désir lesbien dès lors que ses deux protagonistes féminines échangent un regard. Nawojka semble troublée sexuellement par Sandra, incarnée par Roxane Mesquida (Kaboom), mais aussi happée par ce qu'elle représente : une femme libre, à l'aise avec son corps et ses envies.

Crédit photo : New Story

Dans cette fable féministe, Sandra fait figure de sorcière : elle est celle que l'on pourchasse au nom de l'ordre établi, ici celui d'une communauté rurale aux codes moraux rigides. Le désir que Nawojka nourrit pour elle est immédiatement perçu comme dangereux : son entourage lui apprend à craindre et à réprimer cette attirance, en pure perte. Récit de métamorphose – celle d'une jeune fille devenant femme –, Que ma volonté soit faite est avant tout celui d'un éveil lesbien auquel bon nombre de femmes queers sauront s'identifier.

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