disparition"L'amour au féminin, c'est mon histoire" : mort de la chanteuse Marie-Paule Belle

Par Romain Siraut le 27/07/2026
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La chanteuse et pianiste Marie-Paule Belle s'est éteinte ce samedi 25 juillet à l'âge de 80 ans, emportée par un cancer. Retour sur le destin discret d'une femme libre et transparente sur ses amours.

Elle voulait “faire prendre conscience avec les mots”. La chanteuse, compositrice et pianiste Marie-Paule Belle est morte d'un cancer ce samedi 25 juillet à l'âge de 80 ans, a annoncé son attachée de presse à l'Agence France-Presse (AFP). Interprète de "La Parisienne" (1976), elle a marqué la chanson française avec des textes engagés, où elle évoquait notamment l’homosexualité et son couple lesbien.

Née en 1946 à Pont-Sainte-Maxence, dans l'Oise, Marie-Paule Belle grandit à Nice. Sa mère, musicienne contrariée, la met au piano dès l'âge de trois ans. Une révélation à l'instrument de sa vie : “Le piano, c'est ma respiration”, affirmait-elle encore quelques mois avant sa mort. Après une maîtrise de psychologie, elle s'installe à Paris. En parallèle de ses études, elle suite les traces de la chanteuse Barbara et se produit en parallèle de ses études dans les cabarets de la rive gauche parisienne, L'Échelle de Jacob et L'Écluse. En 1969, elle remporte le concours Chapeau de Radio Monte-Carlo, ce qui lui vaut d'enregistrer un premier 45 tours chez CBS. En 1975, Serge Lama l'emmène en tournée avant une première consécration en 1976 avec son tube "La Parisienne".

“Pas militante dans l'âme”

Marie-Paule Belle n'a jamais cherché à faire de sa vie un manifeste. “Pas militante dans l'âme”, la chanteuse féministe écrit en 2011, sur l'album Belle et rebelle, "Celles qui aiment elles", coécrite avec Dominique Valls. La chanson est née, racontait-elle, d'une photo imaginaire des années 1950 montrant “deux femmes se tenant la main”, un point de départ pudique pour un texte sur l'amour lesbien. Si elle n'a jamais fait de coming out à proprement parler, elle a toujours été transparente sur son orientation sexuelle : “Je ne l'ai jamais cachée, mais je n'en ai jamais fait un étendard”, disait-elle. Entre 1970 et 1981, elle partage sa vie avec la romancière belge Françoise Mallet-Joris, prix Femina 1958 pour L'Empire céleste, devenue aussi sa parolière. C'est à elle qu'on doit une partie des mots de "La Parisienne". “Notre amitié, qui était devenue amoureuse, s'est muée brutalement en passion”, écrira Marie-Paule Belle plusieurs années plus tard. 

Faisant de ses chansons un moyen de porter des messages, elle co-écrit "Assez" en 2011 sur les violences faites aux femmes, expliquant avoir toujours soutenu les mouvements féministes. De la même manière, elle prend également parti pour le droit à mourir avec "Un pas de plus", sortie en 2004. “C'est une sœur que je perds [...] Mon cœur est triste, mais elle rejoint Françoise Mallet-Joris, la grande écrivaine. Elles ont sûrement beaucoup de choses à se dire", a salué Serge Lama à l'annonce de la mort de la chanteuse.

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Crédit photo : Jacques Chevry / Ina via AFP