Pur produit importé du Québec, Empathie narre le nouveau départ d'une psychiatre lesbienne. Lumineuse même dans ses instants les plus tragiques, c'est la série idéale pour contrer la grisaille automnale.
Rares sont les fictions québécoises à se frayer un chemin jusqu’à nos écrans. Pourtant, quand elles sont d’aussi bonne facture qu’Empathie, arrivage tout frais à découvrir sur Canal+, on se dit qu'il serait peut-être temps de rectifier le tir. Récompensée du grand prix du public lors de la dernière édition du festival Séries Mania, la série raconte comment Suzanne, une ex-criminologue endeuillée, tente de redonner un sens à sa vie en prenant un poste de psychiatre dans un institut spécialisé à Montréal.
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Sur dix épisodes, Empathie prend soin de développer l’entièreté de sa protagoniste. À travers son nouvel environnement professionnel d’abord, dépeignant autant ses éclectiques collègues que sa patientèle au caractère bien trempé qui la testent et la mettent à rude épreuve. Puis, petit à petit, la série oriente davantage sa narration vers sa vie personnelle, marquée par une famille riche mais névrosée et le deuil de sa compagne survenu deux ans plus tôt. Son amitié naissante avec Mortimer, un nouveau collaborateur campé par un Thomas Ngijol touchant comme pas deux, devient l’échappatoire rêvée face à toutes ces sources de tension.
Malgré un petit faux pas à mi-parcours – qui n’est pas sans rappeler le traitement questionnable du personnage d’Andréa dans Dix pour cent –, Empathie réalise un quasi sans-faute et promet d’être au cœur des discussions autour de la machine à café. Elle nous a séduit par sa facilité à englober plusieurs intrigues parallèles en un court laps de temps sans jamais qu’une d'elles ne soit bâclée, par son ratio impeccablement équilibré entre comédie et tragédie – on pense un peu à Fleabag, la pépite acclamée de Phoebe Waller-Bridge –, et par la tendresse et la poésie qui emplissent chaque scène, de la plus dure à la plus frivole.

Aidons-nous les uns les autres
Dans un moment de détresse, un personnage tente de regagner ses esprits et déclare : "Faut que je prenne soin de moi toute seule." À son interlocuteur de rétorquer : "Non, ça ne marche pas comme ça, non." Ainsi, en un bref échange, la série résume tout son propos et son utilité. À l'heure où les fractures sociales se font de plus en plus visibles, Empathie rappelle qu'on a besoin les uns des autres pour s'en sortir et avancer, s'imposant comme un doigt d'honneur tout en style à la culture de l'individualisme.
À la fin des dix épisodes, les protagonistes nous manquent déjà. Par chance, une saison 2 est déjà sur les rails ! En attendant de la découvrir, on peut toujours se ruer sur M'entends-tu ? (disponible sur Netflix) et Audrey est revenue (sur Canal+), les deux précédents bijoux de Florence Longpré, sa créatrice et actrice principale.
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Crédit photo : Canal+