Rendez-vous cinéma prisé des queers de la région parisienne, le festival Chéries-Chéries revient, du 15 au 25 novembre, pour sa 31ᵉ édition dans les différents cinémas du réseau mk2.
Article de Florian Ques, Tessa Lanney et Clem Gellis
Préparez-vous à voir défiler toutes les couleurs de l'arc-en-ciel : le festival Chéries-Chéris, dédié au cinéma LGBTQI+ international, s'apprête à lancer sa nouvelle édition. Il reprendra ses quartiers habituels – les salles mk2 Beaubourg, Bibliothèque et Quai de Seine – du 15 au 25 novembre prochains. Alors que le programme des séances est disponible juste ici, nous avons pris les devants en sélectionnant huit longs-métrages figurant dans le cru de cette année. Du gay, du lesbien, des motards, des exhibs, des guerrières de l'espace… pas de doute, il y en aura clairement pour tous les goûts !
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Pillion de Harry Lighton

Dans Pillion, tout démarre avec une rencontre fortuite, dans un bar, en pleine période de Noël. Celle entre Colin (Harry Melling), un jeune homme réservé à la candeur presque navrante, et Ray (Alexander Skarsgård), un grand gaillard peu causeur mais très sexy, encore plus lorsqu'il grimpe sur sa bécane. Car ce dernier est à la tête d'un club de motards gays et branchés SM. Rapidement, Ray prend Colin sous son aile – ou plutôt, sous son gros biceps musclé – et installe, entre eux, une dynamique domi-soumis … Porté par un tandem d'acteurs impeccables, Pillion assume de bout en bout sa subversivité tout en dissimulant, derrière son côté aguicheur, une vraie exploration de l'amour, surtout quand il est déséquilibré.
>> Pillion, projeté le mardi 18 novembre à 20h au mk2 Bibliothèque.
Gorgonà d'Evi Kalogiropoulou

Dans une réalité alternative, Nikos, chef d'une petite cité-état grecque arrangée autour d'une immense raffinerie pétrolière où les hommes dominent, est gravement malade. Il doit penser à sa succession et songe, pour ce faire, à sa petite protégée, Maria, ce qui n'est pas vu d'un très bon œil par ses homologues masculins. Comme si la situation n'était pas assez tendue comme ça, l'irruption d'Eleni, une chanteuse de nature rebelle, va mettre de l'huile sur le feu… Audacieux projet que ce Gorgonà, quelque part entre la dystopie et le western avec une référence évidente à Mad Max, qui revisite à sa manière le mythe de la femme aux cheveux de serpents. On aime particulièrement le soin porté à l'idylle lesbienne, furieuse et passionnelle, au cœur de son récit.
>> Gorgonà, projeté le mercredi 19 novembre à 19h50 au mk2 Quai de Seine, puis le mardi 25 novembre à 16h10 au mk2 Beaubourg.
Le Mystérieux Regard du flamant rose de Diego Cespedes

Au début des années 80, dans un désert minier du Chili, des personnes queers ont trouvé refuge dans une bâtisse isolée qu'elles ont transformée en cabaret-saloon. Elles y vivent en harmonie, tentant de garder à distance les ignorants qui les guettent régulièrement entre fascination et mépris. Quand une étrange maladie se propage, les marginaux sont vite pointés du doigt. Lidia, 11 ans, la plus jeune de cette famille choisie queer, se retrouve au milieu de ce conflit. Bourré d'autant d'inventivité que de bons sentiments, Le Mystérieux Regard du flamant rose offre un joli conte aux allures de western qui place l'amour et l'identité queer sur un piédestal.
>> Le Mystérieux Regard du flamant rose, projeté le lundi 24 novembre à 19h10 au mk2 Quai de Seine, puis le mardi 25 novembre à 14h au mk2 Beaubourg.
Love Me Tender d'Anna Cazenave-Cambet

Séparée de son ex-mari depuis un moment, Clémence lui confie qu'elle a désormais des relations avec d'autres femmes. Une révélation qui amène ce dernier à entamer des poursuites afin de lui retirer la garde de son enfant. Le quotidien de Clémence bascule alors et elle doit s'acharner pour rester dans la vie de son enfant. Adaptation particulièrement réussie du livre éponyme de Constance Debré, le film narre à la fois le combat d'une mère confrontée à un système juridique gangréné et l'émancipation d'une lesbienne désireuse d'explorer davantage son penchant pour les femmes après des années de répression. Dans le rôle principal, Vicky Krieps est d'une justesse qui risque même de faire sangloter même les plus stoïques.
>> Love Me Tender, projeté le dimanche 23 novembre à 16h55 au mk2 Quai de Seine.
Night Stage de Filipe Matzembacher et Marcio Reolon

Matias est un jeune comédien de théâtre qui rêve grand en dépit de rares opportunités. Rafael est un politicien qui aspire à devenir le maire de la ville. Une première coucherie après quelques messages hot échangés via une appli à la Grindr suffit pour qu'ils aient envie de se revoir et de s'adonner à des ébats dans des lieux publics. Monté comme un thriller sexy dont la tension monte crescendo jusqu'à un bouquet final à la fois sombre et poétique, Night Stage expose deux beaux garçons réunis autour d'un fétichisme commun – l'exhibitionnisme – qui se laissent progressivement dévorer par celui-ci, au risque de mettre en péril leurs ambitions personnelles.
>> Night Stage, projeté le mercredi 19 novembre à 22h au mk2 Quai de Seine, puis le mardi 25 novembre à 11h40 au mk2 Beaubourg.
Le Son des souvenirs d'Oliver Hermanus

Dans la Nouvelle-Angleterre de 1917, Lionel et David se rencontrent par hasard dans un pub et comprennent vite qu'ils sont unis par un intérêt commun pour la musique folk. Quelques années plus tard, David fait une proposition folle à son nouvel ami : ensemble, ils vont donc sillonner les villages du Maine pour enregistrer les chansons traditionnelles des populations locales. Ce sera pour eux l'occasion de se rapprocher… Inutile d'en dire plus au risque d'en dévoiler trop. Ce qu'il faut retenir, c'est que Le Son des souvenirs est un drame d'époque doux-amer qui explore autant le premier amour que l'idée d'occasion manquée sans jamais tomber dans le pathos facile.
>> Le Son des souvenirs, projeté le vendredi 21 novembre à 19h30 au mk2 Quai de Seine, puis le lundi 24 novembre à 14h au mk2 Beaubourg.
Lesbian Space Princess d'Emma Hough Hobbs et Leela Varghese

Dans un univers complètement perché à la Adventure Time, Saira est une princesse contrainte de vaincre sa timidité maladive pour faire preuve de courage et aller à la rescousse de son ex… dont elle est toujours amoureuse. Au gré de son périple, elle devra terrasser plusieurs ennemis, dont les “White Straight Maliens” qui ont kidnappé sa dulcinée. Plus qu’un cartoon déluré et bourré de messages subliminaux, Lesbian Space Princess est une jolie œuvre sur le travail nécessaire pour construire la confiance en soi.
>> Lesbian Space Princess, projeté le vendredi 21 novembre à 18h15 au mk2 Beaubourg, puis le lundi 24 novembre à 22h05 au mk2 Beaubourg.
Amantes de Caroline Fournier

Amantes capte ces émotions universelles – le doute, la peur de décevoir, la tendresse qu’on retient – mais les éclaire d’un prisme résolument lesbien. Réalisé par Caroline Fournier, le film suit une chanteuse trop romantique, un trouple à bout de souffle et un couple pris dans la routine. On aime ce casting 100 % féminin franchement attachant relié par un drôle d'imbroglio avec une druidesse loufoque qui les aide à dire ce qu’elles taisent. Tourné comme un projet DIY, sans moyens, mais avec beaucoup de cœur, Amantes esquisse un cinéma queer sincère, intime, duquel on se sent proche.
>> Amantes, projeté le dimanche 16 novembre à 15h au mk2 Beaubourg, puis le vendredi 21 novembre à 9h35 au mk2 Beaubourg.
Crédit photo : Outplay Films