L'animateur de CNews s'est désisté de son pourvoi en cassation contre sa condamnation pour harcèlement sexuel, la rendant donc à son tour définitive. Revenant sur sa promesse initiale, la chaîne du groupe Bolloré maintient néanmoins Jean-Marc Morandini à l'antenne.
"En cas de condamnation, Jean-Marc Morandini et iTélé ont d'ores et déjà prévu qu'il quitterait le groupe sans indemnité." Datant du 25 août 2016, la promesse a mal vieilli. Cet été-là, la chaîne d'information devenue CNews, appartenant au groupe Canal+ de Vincent Bolloré, confirmait l'arrivée de l'animateur malgré la parution, dans Les Inrocks, d'une enquête dans laquelle de jeunes comédiens racontaient les conditions d'un casting scabreux organisé par l'animateur de télévision. Et le communiqué d'invoquer "le respect du principe de présomption d'innocence".
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Dix ans plus tard, Jean-Marc Morandini est définitivement condamné dans les deux affaires qui l'ont mené au tribunal, pour "corruption de mineur" et pour "harcèlement sexuel". L'animateur s'est en effet désisté le 22 janvier de son pourvoi en cassation contre sa condamnation pour harcèlement sexuel, a appris ce mardi BFMTV. Le 14 janvier déjà, la Cour de cassation avait rendu définitive son autre condamnation pour corruption de mineurs, pour des messages de nature sexuelle envoyés à trois adolescents entre 2009 et 2016.
Morandini condamné en cassation
Sur les faits de harcèlement sexuel, l'animateur avait été condamné en appel à 18 mois de prison avec sursis, reconnu coupable d'avoir "usé de pressions pour obtenir un acte sexuel" de la part d'un jeune comédien. Il doit en outre payer une amende de 10.000 euros et indemniser la victime, et a également l'obligation de suivre des soins psychologiques. Concernant la corruption de mineurs, il a écopé de deux ans de prison avec sursis et 20.000 euros d'amende, peine assortie d'une interdiction définitive d'exercer une profession en contact avec des mineurs, ainsi que de son inscription au fichier des auteurs d'infractions sexuelles.
Or donc, l'animateur âgé de 60 ans présente toujours le "Morandini Live", son émission quotidienne. Dans la foulée de la décision de la Cour de cassation, CNews avait confirmé son maintien à l'antenne, faisant valoir que "Jean-Marc Morandini continue son combat pour la justice", celui-ci ayant fait savoir qu'il envisageait désormais carrément un recours devant la Cour européenne des droits humains (CEDH).
Crise interne à CNews
En interne, des voix s'élèvent cependant pour contester la décision du groupe. À Canal+, Le syndicat +Libres a ainsi réclamé "le départ sans indemnité de Jean-Marc Morandini", comme la direction de la chaîne s'y était engagée en cas de condamnation. À l'antenne, interpellée sur le sujet par un invité, le député socialiste Jérôme Guedj, la journaliste Sonia Mabrouk a pris ses distances sans demander son départ : "Votre question est légitime, j'avoue que je n'en dors pas depuis plusieurs jours", avait-elle répondu. Selon les informations du Monde, qui évoque une "crise interne", ce "plaidoyer surprise a déclenché l’ire de Serge Nedjar, le patron de CNews, qui a réclamé la tête de l’animatrice star".
Le statu quo "n’est pas souhaitable, même pour Morandini", estime une source interne auprès de l'AFP, en déplorant que "ceux qui attaquent la chaîne vont utiliser cette histoire". En septembre 2016, après sa mise en examen pour corruption de mineurs, la rédaction avait fait grève pendant un mois pour protester contre l'arrivée de l'animateur à l'antenne.
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Crédit photo : Jean-Marc Barrère / Hans Lucas via AFP