cinéma"Embarquement immédiat", un film habile sur la toxicité amoureuse dans un couple gay

Par Florian Ques le 29/04/2026
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Au cinéma ce 29 avril, Embarquement immédiat déroule l'itinéraire post-rupture d'un trentenaire gay, mêlant réalisme glaçant et traits d'humour bienvenus.

Figé dans sa tristesse, incapable de se résoudre à sa rupture avec Jake, Benji retourne seul à Amsterdam dans le logement Airbnb que le couple avait l'habitude de louer. Seul, il se souvient de leur histoire. C’est par d'habiles effets narratifs et non sans un certain humour qu'Embarquement immédiat, sorti au cinéma ce mercredi 29 avril, retrace leur relation, toxique, à la frontière de l'emprise.

Benji, trentenaire grassouillet sans histoire, avait rencontré Jake, parangon de l'idéal masculin gay, dans un aéroport et avait croisé fort les doigts pour qu'il le remarque… Un plan cul, puis un autre et les deux hommes se retrouvent régulièrement dans la capitale hollandaise pour des week-ends de sorties, de beuveries et bien sûr de coucherie. Mais quand Benji commence à développer des sentiments et à voir ses attentes changer, son amant se braque. Les mots deviennent durs, le ton cassant, les gestes secs. Le prince charmant des débuts est remplacé par un bourreau menteur et manipulateur.

Récit de reconstruction

S'il montre la violence – souvent psychologique, parfois physique – de l'histoire de Benji avec Jake, le film creuse d'autres formes de brutalité gay. Comme cette scène perturbante où, après sa rupture, Benji souhaite avoir un rapport sexuel avec un homme dominant trouvé sur une appli, et que les choses dérapent quand celui-ci l'incite lourdement à se droguer. La voix de Benji nous accompagne tout au long du film et son humour très british permet à Embarquement immédiat de ne jamais s'enfoncer dans la noirceur et à prendre une tonalité surprenante, mais charmante.

Premier long-métrage des cinéastes anglais Lloyd Eyre-Morgan (qui campe également le rôle principal du film) et Neil Ely, Embarquement immédiat vise juste à plusieurs endroits. En plus de pousser le public gay à interroger ses fantasmes – miser sur des "hétéros" qui peinent à accepter leur penchant pour les hommes est rarement une sage décision –, le film s'apparente à un parcours initiatique assez universel sur cette première relation amoureuse qui abîme mais qui, cruciale, nous aide à affiner nos attentes et réhausser nos standards amoureux.

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Crédit photo : Optimale Distribution