Avec leur nouvelle série intitulée Mating Season, les créateurs de Big Mouth nous invitent dans le monde animal pour mieux déconstruire les normes hétéropatriarcales à coups de blagues salaces.
Dans la forêt de Mating Season, les animaux ne pensent qu'à une chose : s'accoupler. Les élans s'encornent, les ratons laveurs découvrent le polyamour et les renardes lesbiennes tombent amoureuses trois fois par semaine. Bienvenue dans la nouvelle série animée de Netflix signée Nick Kroll et Andrew Goldberg, les créateurs de Big Mouth. On y retrouve le même humour graveleux qu'on adore, les mêmes dialogues oscillant entre psychanalyse de comptoir et blagues de cul, mais avec un terrain de jeu bien plus vaste : une forêt entière. Exit les collégiens obnubilés par leurs premières érections et autres bouleversements hormonaux. Cette fois, cette comédie animée transforme le règne animal en miroir déformant de nos névroses. Sous ses blagues de glandes anales et ses scènes de rut, Mating Season fait de la forêt un véritable laboratoire du désir.
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Le procédé est vieux comme les fables : utiliser les animaux pour parler des humains. Et quoi de mieux que la saison des amours pour projeter dans le monde sauvage nos envies inavouables, nos fantasmes les plus cradingues et nos contradictions affectives ? Les récits bien sages de Disney sont loin derrière nous, même si les clins d'œil aux classiques irriguent volontiers la série, même s'il s'agit plutôt ici d'un Rox et Rouky où la renarde et la chienne se doigtent dans un jacuzzi...
Des cochonneries, mais pas que
On se marre devant ce raton laveur qui couche avec une lapine nymphomane tout en prêchant les vertus du polyamour, ou devant ces animaux incapables de gérer leurs pulsions sans déclencher une catastrophe émotionnelle. Mais plus Mating Season cherche à nous choquer, plus elle révèle ce qui se cache derrière ses provocations. Car sous les orgies, les ruptures spectaculaires et les crises existentielles à poils et à plumes, la série parle surtout de nous. Elle interroge notre rapport à l'exclusivité, au grand amour, à la solitude, à la jalousie et à toutes ces insécurités qui nous bouffent la vie. Plus les personnages deviennent excessifs, plus les situations virent à l'absurde, et plus les règles que nous avons érigées autour du couple et du désir paraissent fragiles, artificielles, voire franchement ridicules.
C'est là que Mating Season dépasse le simple exercice de provocation. Comme Big Mouth avant elle, la série utilise le sexe comme un cheval de Troie pour parler de choses beaucoup plus universelles : la peur d'être abandonné, le besoin de reconnaissance, l'angoisse de ne pas être assez aimé ou le vertige des choix amoureux. Derrière ses gags salaces et son humour volontiers régressif, elle pose finalement une question assez simple : toutes ces normes auxquelles tient la société sont-elles vraiment aussi naturelles que nous le croyons ?
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Crédits photos : Netflix