Un commandant du Hamas exécuté pour rapports homosexuels

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Hamas Mahmoud Ishtiwi

Mahmoud Ishtiwi, un commandant du Hamas a été exécuté en Palestine après s’être vu accusé d’avoir eu des rapports sexuels entre hommes.

Mahmoud Ishtiwi a été abattu de trois balles dans la poitrine par ces anciens camarades pour trahison. Le Hamas le soupçonnant d’avoir collaboré avec Israël. Cependant, le New York Times indique récemment que les accusations portaient également sur sa « débauche morale », ce qui pour l’organisation terroriste désigne l’homosexualité.

Le supplice de Mahmoud Ishtiwi a débuté en 2015 lorsque Qassam, la branche armée du Hamas, l’a « interrogé », le suspectant d’avoir détourné de l’argent destiné à l’approvisionnement d’armes. Le commandant avoua avoir gardé une partie de l’argent, notamment pour les hommes de sa brigade. De là, il fera l’objet de toutes les suspicions. Suspicions qui pour certains dirigeants du Hamas sont déjà une preuve de culpabilité. Les soldats du Hamas doivent être irréprochables mais pas intouchables. Son sort servira d’exemple aux autres.

C’est donc une chasse aux sorcières qui commence. Il est accusé d’avoir livré à Israël les coordonnées permettant une attaque en vue d’assassiner l’un des leaders de Qassam, Mohammed Deif. Aucune preuve ne viendra étayer cette thèse.

Mahmoud Ishtiwi

Ensuite, Qassam déclare avoir trouvé un homme qui aurait eu des relations sexuelles avec Mahmoud Ishtiwi. L’homme leur aurait même fourni des dates et des lieux de rencontre pour étayer ses dires. Pour le Hamas, il n’en faut pas plus pour lier toutes les accusations. L’argent détourné a servi à payer des rapports sexuels homosexuels voire à faire taire l’homme qui l’a par la suite dénoncé. Les officiels du Hamas pensent également que le Mossad, le service de renseignement israélien, savait que Ishtiwi était gay et que c’est la raison pour laquelle ce dernier aurait collaboré avec eux, pour acheter leur silence. En effet, la découverte de son homosexualité aurait signifié son ostracisme dans un pays où celle-ci est totalement condamnée.

Mahmoud Ishtiwi a vécu des jours entiers de torture. Sa femme, qui a pu lui rendre visite, explique qu’il lui a confié avoir failli mourir au bout de quelques jours et avoir dû confesser des choses qu’il n’avait jamais faites dans sa vie. Malgré les requêtes de sa famille, Mahmoud Ishtiwi a été assassiné par l’organisation terroriste.

Human Rights Watch a enquêté sur sa mort. Bien que les accusations d’homosexualité ne soient pas le fondement principal de leur enquête, mais plutôt les actes de torture, on devine en filigrane que les accusations de « débauche morale » ont beaucoup joué dans cette exécution exceptionnelle. En effet, l’ONG révèle qu’il est très rare qu’un groupe armé exécute l’un de ses membres pour ce motif et s’interroge sur les raisons et les commanditaires de cet assassinat.