Culture

Exclu TÊTU : Regardez le premier épisode de la série LGBT « Les Engagés » de France Télévisions


Nous vous en parlons dans le numéro du magazine actuellement en kiosque, la web-série Les Engagés est un petit événement. Aujourd’hui, nous vous proposons le premier épisode en exclusivité sur TÊTU. Notre collaborateur Franck Finance-Madureira a également rencontré le créateur de la série, Sullivan Le Postec, sur le tournage à Lyon (pour le magazine actuellement en kiosque).

Et déjà, le 2e épisode en exclusivité sur TÊTU :

 

Les Engagés, enfin un Queer as Folk français ?

Il était temps qu’en France débarque la première série LGBT, une série dont la majorité des personnages font partie de la communauté LGBT à l’image des deux versions, anglaises et américaines, de la série culte Queer as Folk ou, plus récemment, des ultra-sensibles et ambitieuses deux saisons (closes par un téléfilm) de Looking.

Thibaut est militant au « Point G », une association du style Centre LGBT qui se démène pour organiser la Gay Pride en plein conflit avec la mairie d’arrondissement. C’est d’ailleurs le directeur de cabinet du maire concerné que va rencontrer Hicham dans les scènes de bar de nuit tournées la veille. Ajoutez à cela une lutte de pouvoir au sein de l’asso, un jeune escort victime d’une agression homophobe, un avocat, une blogueuse militante, et vous aurez fait connaissance avec la bande des Engagés, ces personnages qui vont mener le fil du récit.

C’est la société de production de la mini-série de France 2 Vestiaires, Astharté & Compagnie, qui a relevé le défi de prendre les manettes de ce qui sera la première série LGBT française, même si sa diffusion n’est prévue que sur le site de France 4 dédié aux web-séries : Studio 4. Une première française qui répond, avec quelques années de retard et à sa façon, aux séries anglaises et américaines qui ont forcément inspiré Sullivan :

Je garde une admiration particulière pour la subtilité et la densité émotionnelle du Queer as Folk original de Russell T. Davies qui est un auteur que j’admire énormément. Cette série n’était pas pour rien dans le choix du premier format de 30 minutes des Engagés. Cela dit, j’ai l’impression que j’ai pu nourrir mon écriture de suffisamment de choses personnelles pour que cette influence ne soit pas écrasante sur le projet, et que le résultat soit différent. Cela passe notamment par l’importance des sujets politiques, qui découle du choix de m’intéresser à des militants. L’histoire des séries LGBT s’est aussi parfois ressentie en creux. Le tout premier épisode de Queer as Folk comportait deux scènes de sexe assez érotiques, du jamais vu en télé à l’époque. Une façon de prévenir le public de ce qu’il allait voir. Le fait que tout cela existe nous a permis de prendre des chemins plus détournés et de moins mettre cet aspect en avant.

Et l’aspect « politique » de la série justement, comment est-il reçu par les décideurs français ? Sur cette question cruciale pour l’avenir des sujets LGBT à la télévision, le constat de Sullivan Le Postec est également affuté :

En France, notre vision des sujets LGBT est très différente de la culture anglo-saxonne. Nos débats sont différents. La société française a un rapport très complexé à ces questions, tout en étant persuadée de son ouverture d’esprit et de sa supériorité sur le supposé puritanisme américain. Mais on voit bien, et on l’a clairement éprouvé en faisant Les Engagés, que la réalité est assez différente. Une série dont l’essentiel des personnages sont homos pose un problème, génère des doutes. Beaucoup sont incapables de comprendre la différence entre le communautaire – soit, en d’autres termes, l’entraide de pair à pair – et le communautarisme. On nage en pleine confusion, ce qui conduit à un niveau général assez faible des réflexions politiques sur des questions comme la visibilité, le coming-out, la pertinence même d’avoir des associations LGBT. Mais il y a un vrai intérêt à participer à l’émergence de ces questions.

Les Engagés, série de 10 épisodes de 10 minutes, créée et écrite par Sullivan Le Postec, réalisée par Jules Thénier et Maxime Potherat. Diffusion dès le 17 mai (deux épisodes par semaine pendant 5 semaines) sur Studio 4, le site dédié aux web-séries de France 4. Distribution DVD en juin chez Optimale.

 

Retrouvez TÊTU en kiosque :

« Make America Gay Again » : au sommaire du magazine TÊTU n°214

 

 

 

  • Victor Tebes

    Les acteurs principaux, notamment Hicham et Tibaut, sont-ils réellement issus de la communauté LGBT ? Il me semble voir là une condition importante tant au niveau de la crédibilité de leurs personnages que de la potentielle identification pour les jeunes LGBT

    • Anton

      Il me semble que ce qui compte avant tout, c’est que le travail des acteurs (des scenaristes et du realisateur) nous rende les personnages et le propos crédibles, peu importe leur vie privée qui ne regarde personne ! Rappelons qu’il n’est pas forcément indispensable d’être un super-héros pour pouvoir jouer Batman..!

    • Daniel Esteve-Bouguenec

      C’est ridicule!!! Ils font un travail d’Acteur!!! Les jeunes s’identifieront à leurs personnages, pas aux acteurs, c’est le principe.

      • Victor Tebes

        C’est plus compliqué que ça à mon avis

  • David Mamm

    Le pauvre jeune homo qui n’a que son ordinateur pour « vivre » son homosexualité ça existe hélas beaucoup trop mais commencer la série par une branlette de ce jeune devant un porno gay c’est (trop) facile.
    Puisqu’il s’agit de France4, ça aurait pu être et j’espère que ce sera diffusé sur cette chaine en intégralité, même à 22h30, sinon c’est assez étrange de diffuser des films et téléfilms LGBT et pas cette série.

  • LS31

    Comparé une web série de 8 à 10 min max à Queer as Folk ou Looking dont les épisodes font 50 minutes facilement. Puis le sujet des deux premiers épisodes sont incompréhensible car les deux hommes se connaisse déjà, mais on ne sais pas d’où et ni comment ils se sont rencontré? dommage.

  • Nathanaël Meaurel

    Rien à voir avec Queer as Folk et Looking hélas !!!!!!!!! 🙁

  • Melos

    J’avais beaucoup aimé QAF et Looking. Je ne connaissais pas cette série, j’espère qu’elle saura trouver sa propre originalité car un bête copier/coller de ses cousines américaines serait du gâchis.

    En tout cas, bravo pour l’idée, bravo à toute l’équipe (producteur, acteurs, monteurs et à tous les « invisibles » qui permettent à cette série d’exister), bravo au diffuseur.

    Une très belle initiative.

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