Deux vautours gays élèvent un poussin avec succès
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Deux vautours gays élèvent un poussin avec succès


Amsterdam, ses canaux, ses coffee shops, et son zoo. À Artis, l’atmosphère libertaire de la ville résonne jusque dans la volière des vautours, une espèce connue pour sa monogamie à vie.

Deux vautours fauves mâles arrivés en 2010 y forment depuis des années « un couple solide », selon les termes des soigneurs. Ils ont même tenté, à l’instar de leurs homologues hétéros, de fonder une famille. Dès le mois de janvier 2017, les deux tourtereaux ont commencé à un confectionner un nid douillet pour une progéniture absente. Un jour, en trouvant un œuf tombé au sol et qui n’était réclamé par aucune femelle (qui n’en pondent pourtant qu’un seul par an), les responsables du zoo ont décidé de mener une expérience.

« C’était un peu risqué parce qu’on avait aucune certitude qu’ils sauraient élever un poussin », explique après coup le zoologiste Job van Tol au Time. Mais une fois que  l’œuf – initialement installé dans un incubateur – a été placé dans le nid des deux mâles, ces derniers se sont mis à le couver, à tour de rôle, comme le font les couples de vautours hétéro, jusqu’à l’éclosion au mois de mai d’un oisillon en pleine santé.

« Ils sont de bons parents, ils font tout comme il faut et ils sont très protecteurs », note le zoologiste qui a pu remarquer une séparation égale des tâches, de la régurgitation de petits rongeurs pour alimenter le bébé (les vautours sont des charognards), à la défense du nid, entre les deux partenaires de vie. Cette première naissance chez un couple homo du zoo était accompagnée d’une première naissance chez un couple de vautours rescapés d’un accident de la route; double fierté chez les équipes d’Artis.

Le monde animal toujours plus gay

L’homosexualité, et même l’homoparentalité, très fréquentes dans le règne animal, garantiraient la survie. C’est ce qu’atteste une étude publiée dans la revue Animal Behaviour en septembre 2016 : des chercheurs japonais de l’Université de Kyoto ont observé que, dans les colonies de termites, la formation d’un couple de même sexe diminuait les risque de prédation et leur permettait d’accomplir un nettoyage indispensable au maintien d’une bonne santé. D’après les responsable d’Artis cité par Télérama « la progéniture des couples homoparentaux a souvent une chance supérieur de survie dans la nature. »

Le biologiste Nathan Bailey a par ailleurs constaté que le tiers des albatros de Laysan, à Hawaii, ont été élevés par des couples lesbiens, formés pour élever les couvées et compenser un nombre de mâles trop faible. Même chose chez les goélands en Californie, étudiés par Jacques Balthazart.

Au zoo Artis d’Amsterdam, un « Animal Pride Tour » propose d’explorer le comportement homosexuel de plus de 1.500 espèces.

Et d’autres zoos européens possèdent leur gay love stories : à Slimbridge, en Grande-Bretagne, ce sont deux flamants roses mâles qui ont « adopté » un poussin en 2007. À Bremerhaven, en Allemagne, trois des dix couples de manchots Humboldt, espèce en voie de disparition, sont homosexuels. Parmi eux, Doty et Zee réalisaient chaque année un nid comme leurs congénères; en 2009, le zoo a pris la décision de placer un œuf rejeté par ses parents biologiques dans leur nid. Là encore, « ils se sont comportés comme des pères exemplaires », félicitait un des responsables du zoo.

 

Couverture : crédit photo Zoo Artis/Twitter

 

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« Make America Gay Again » : au sommaire du magazine TÊTU n°214

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