Les métamorphoses de Farmer

Dans « City of love », son nouveau clip réalisé par Pascal Laugier, Mylène Farmer revient sous les traits d’une créature mi-animal mi-démon. Débarquée sur Terre un soir d’orage, la bête déambule dans un manoir où elle découvre les mystères du corps humain et du sentiment amoureux. L’artiste renoue ainsi avec une tradition qu’elle avait mise de côté depuis plusieurs années : le jeu sur le genre.

Retour aux sources
Car la créature n’est pas « genrée ». Sa poitrine, par exemple, n'est pas sexualisée comme c’est le cas pour les personnages féminins dans la plupart des films de sciences fiction. Elle tombe ensuite sous le charme d’un pantin de bois, silhouette humaine qui n’est ni celle d’un homme ni celle d’une femme.
Flashback sur les clips qui ont - peut-être - fait de Mylène une icône gay.

Quand Mylène fait genre
1. Libertine ou le courtisan

Libertine, Laurent Boutonnat, 1986
Libertine, Laurent Boutonnat, 1986

C’est le clip qui fit connaitre Farmer. Libertine est à la table des courtisans : il joue aux cartes avec ces messieurs, avant d’aller prendre du bon temps avec le bel inconnu qui l’observe à l’autre bout de la salle. Libertine est un garçon. Il finit d’ailleurs dans un duel à mort avec un homme qu’il a outragé. Dans « Pourvu qu’elles soient douces », la suite de « Libertine », le petit soldat qui découvre le corps inerte de Libertine débat avec son supérieur :

« Ce garçon devait être beau. – C’est une fille ! – Non, c’est un garçon ! – Non, c’est une fille ! Regarde ses mains, elles sont si douces. – Pas plus que les tiennes. [Libertine se réveille] – Il est vivant ! – Oh mon Dieu, elle est vivante ! »

2. Sans contrefaçon : on ne naît pas Pinocchio, on le devient

Sans contrefaçon, Laurent Boutonnat, 1987
Sans contrefaçon, Laurent Boutonnat, 1987

Dans ce clip de son comparse Laurent Boutonnat, l’icône française apparaît sous les traits d’un pantin de bois. Pinocchio et son maître sont chassés sous la pluie d’un cabaret transformiste perdu dans un village plutôt glauque. Une sorcière, jouée par l’humoriste Zouc, kidnappe le pantin pour lui donner vie.
3. Sans logique : le taureau par les cornes

Sans logique, Laurent Boutonnat, 1989
Sans logique, Laurent Boutonnat, 1989

Une arène dans un décor désolant à la Beckett, une procession de très vieilles dames qui jettent des pièces de monnaie, un toréador aux traits délicats et Mylène transformée en taureau par une femme enceinte. C’est le scénario surréaliste de « Sans logique » qui demeure l’un des clips les plus fascinants de la chanteuse.
4. Désenchantée : l’adolescent révolté

Désenchantée, Laurent Boutonnat, 1991
Désenchantée, Laurent Boutonnat, 1991

Perdue dans la neige, une usine où sont exploités de jeunes garçons. Le personnage joué par Farmer, Gavroche intimidé, est accueilli à coups de pierres par ses camarades d’infortune. Le garçon travaille, endure les humiliations, et prend la tête de la révolte.
5. Regrets : JL + M = <3

Regrets, Laurent Boutonnat, 1991
Regrets, Laurent Boutonnat, 1991

Même manteau, même coupe de cheveux, Jean-Louis Murat et Mylène Farmer forment un joli couple de garçons dans le clip de cette chanson de rupture. Dans un cimetière, forcément.
6. Je t’aime mélancolie, sur le ring

Je t'aime mélancolie, Laurent Boutonnat, 1991
Je t'aime mélancolie, Laurent Boutonnat, 1991

Premier clip chorégraphié de la chanteuse. Farmer dans un combat de boxe sans merci contre un homme assoiffé de sang. Je vous laisse deviner qui gagne ? Niveau costumes, c’est la première fois qu’elle travaille avec Jean-Paul Gaultier.
7. Comme j’ai mal : une renaissance

Comme j'ai mal, Marcus Nispel, 1996
Comme j'ai mal, Marcus Nispel, 1996

Le clip est l’histoire d’une métamorphose : la chrysalide qui devient papillon. Reconnaissons que le costume du papillon en question est un peu cheap. Et qu'il a l’air un peu moins sympa que la bête de « City of love ».
8. Peut-être toi, super-héroïne de manga

Peut-être toi, Naoko Kusumi, 2005
Peut-être toi, Naoko Kusumi, 2005

C’est le deuxième clip animé de Farmer après « C’est une belle journée ». Dans un style manga, le personnage échappe à une armée de robots et se bat à armes égales avec un beau blond, son camarade d’infortune.
9. Dégénération : la déesse du désir

Dégénération, Bruno Aveillan, 2008
Dégénération, Bruno Aveillan, 2008

2008. C'est la dernière fois que Mylène nous avait séduits avec un clip déjanté. Une créature se fait kidnapper par une sorte de police totalitaire. Elle est sur le point d’être décortiquée dans un bloc opératoire par une horde de chirurgiens inquiétants. Mais elle se réveille et utilise son aphrodisiaque pour que tout le monde (infirmières, médecins et militaires confondus) se donne du plaisir dans une partouze gigantesque où parfois, on voit Le Radeau de la méduse (c’est beau - voir ci-dessous).

Dégénération, Bruno Aveillan, 2008
Dégénération, Bruno Aveillan, 2008


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