Disparition de Tab Hunter, légende gay d'Hollywood
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Disparition de Tab Hunter, légende gay d'Hollywood


Acteur à la beauté sublime, prince du Hollywood des années 50, Tab Hunter aura passé la plus grande partie de sa carrière dans le placard avant d’assumer enfin son homosexualité. On vient d’apprendre sa disparition, ce 9 juillet. Il avait 86 ans.

Ses cheveux couleur paille, son corps puissant et son regard bleu firent de lui l’un des jeunes premiers les plus adulés du Hollywood des années 50. L’acteur Tab Hunter, de son vrai nom Arthur Andrew Kelm, vient de mourir. Trois jours avant son 87e anniversaire.

Son partenaire de longue date, Allan Glaser vient de confirmer sa disparition au quotidien américain USA Today. Hunter se serait effondré après qu’un caillot de sang a migré de sa jambe à son cœur.

Dans l’Amérique d’après-guerre, Tab Hunter est l’un des enfants chéris de Hollywood. Archétype de la beauté masculine californienne. Il joue dans des films comme « Cette satanée Lola » (1958), « Ceux de Cordura » (1959) avec Gary Cooper et Rita Hayworth, « C’est la guerre » (1958) (avec un certain Clint Eastwood dans un petit rôle), « Une espèce de garce » de Sydney Lumet (1959) ou encore « Juge et Hors-la-loi » (1973) où il donne la réplique à Paul Newman. Tout ce qu’il touche se transforme en or. Et lorsqu’il chante, sa chanson « Young Love » atterrit directement en tête du Billboard américain.

Romance de façade avec Natalie Wood

S’il rendait folles des millions admiratrices, le beau Tab gardait en lui un lourd secret : il était homosexuel. Mais dans l’Amérique des années 50, être gay est illégal. Et pour un acteur hollywoodien le placard est la seule option.

Pour protéger sa vie privée, les nababs de la Warner Bros. lui inventent des romances de façades avec les partenaires de ses films, comme Debbie Reynolds ou Natalie Wood. Mais dans les coulisses de Los Angeles, Hunter mène une double vie et connaît de folles passions avec le patineur artistique Ronnie Robertson, ou l’acteur de « Psychose » Anthony Perkins.

Dans les années 80, la carrière de l’ex-golden boy bat de l’aile. Hunter se résigne à jouer dans des films peu inspirés comme « Grease 2 ». Sa meilleure idée sera d’accepter de donner la réplique à la légendaire drag queen Divine dans le génial « Polyester » de John Waters.

« L’incarnation de la masculinité américaine »

En 2005, avec l’aide de l’écrivain Eddie Miller, Hunter décide de raconter sa vérité dans une autobiographie passionnante, « Tab Hunter Confidential, The Making of a Movie Star ». Il y dissèque en détail un système qui l’obligea pendant des décennies à mentir sur son orientation sexuelle.

Le livre sera adapté en 2015 en documentaire (aujourd’hui disponible sur Netflix), où ses amis Clint Eastwood, Debbie Reynolds et Robert Wagner viennent rendre un hommage appuyé à celui qui a passé la majeure partie de sa carrière dans un placard certes doré mais étroit. On y entend notamment l’acteur ouvertement gay George Takei qualifier Hunter d’« incarnation de la masculinité américaine ». On ne peut qu’acquiescer.

Découvrez la bande annonce de « Tab Hunter Confidential » :

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