La palme queer récompensant des films du Festival de Cannes a distingué cette année deux longs-métrages : Teenage Sex and Death at Camp Miasma et Du Fioul dans les artères.
À l'issue d'une soirée de remise des prix survoltée sur la plage Vilebrequin, ce vendredi 22 mai, c'est le film d'horreur lesbien Teenage Sex and Death at Camp Miasma qui a remporté la Queer Palm au Festival de Cannes. Après son envoûtante allégorie trans I Saw the TV Glow en 2024, Jane Schoenbrun assoit son talent de cinéaste avec cette romance passionnée et doublée d'une lettre d'amour aux slashers des années 80. Un film riche et gentiment perché qui offre à ses actrices, Hannah Einbinder (de la série Hacks) et Gillian Anderson, un terrain de jeu complètement dingue.
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"Pour toute une génération, le slasher a structuré un rapport à la sexualité, au corps, à l’adolescence, à la mort, à la différence. Le cinéma d’horreur, ses schémas narratifs, ses motifs, font frémir mais ont pu également pu servir de véhicule à la misogynie, à la transphobie…, justifie le jury de la Queer Palm 2026, co-présidé par Thomas Jolly et Anna Mouglalis aux côtés de Raya Martigny, Andre Fischer et Jehnny Beth. Plutôt que condamner, la réalisation propose de réparer. De se réapproprier un genre relégué en marge du cinéma – et d’en faire un outil, pour aujourd’hui. Un cinéma populaire, jubilatoire, documenté, dégagé d’un formatage hétéro-normé, hétéro-centré qui raccroche ce genre cinématographique à d’autres récits, d’autres corps, d’autres parcours. En l’occurrence, celui de deux femmes sur le chemin de la réconciliation avec leur sexualité."
En parallèle, et pour la première fois dans l'histoire de la Queer Palm, un second long-métrage a été récompensé : Du fioul dans les artères, du réalisateur français Pierre Le Gall, repart avec un Prix de la découverte. Se déroulant dans l'univers masculin des routiers, le film raconte la rencontre de deux conducteurs de poids lourds qui se mue en une bouleversante histoire d'amour.
"Le réalisateur a embarqué sa caméra dans une romance obstinée : la douceur têtue de deux êtres qui tentent de se rejoindre. À travers les horaires. À travers le bruit, le froid. À travers l’Europe. La précarité. Les frontières. Il montre comment l’amour contrarié, comme l’eau, trouve toujours un chemin et qu’on peut avoir le courage de traverser une autoroute mais pas celui de rentrer dans un putain de bar branché, défend ici le jury. C’est un premier film qui rallonge indéniablement la liste des grands films d’amour."
Enfin, la Queer Palm du court-métrage est revenue à Silent Voices, de la réalisatrice sud-coréenne Nadine Misong Jin. En puisant dans sa propre expérience, la cinéaste y raconte l'intégration difficile d'une famille coréenne tout juste installée à New York. Notons que ce film a également remporté le Deuxième Prix de La Cinef, compétition officielle du Festival de Cannes réservée aux courts-métrages d'étudiants en cinéma.
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Crédits photo : Thibaud MORITZ / AFP