cinéma"Jim Queen", 50 nuances de gays

Par Laure Dasinieres le 15/06/2026
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Notre comédie de l'été est un film d'animation français ! Satire tendre et délicieusement vacharde des micro-tribus gays, Jim Queen, sensation queer du dernier Festival de Cannes, fait de la communauté LGBT un terrain de jeu pop. Au cinéma ce 17 juin.

Catastrophe à pédéland : un virus, l’hétérose, fait virer leur cuti aux homos. Les voilà qui désertent subitement le Marais, se mettent à comprendre le foot et à mater la poitrine de leur meilleure copine. La course à l’antidote commence, réunissant Jim Parfait, influenceur bodybuildé tout juste contaminé, et Lucien, twink à peine sorti des jupes de sa mère Christine, une ministre réac’ farouchement homophobe, façon Manif pour tous – toute ressemblance avec une certaine Boutin n’est sans doute pas fortuite.

Ce scénario est le prétexte à une quête délurée au cœur de la commu. "Sois-toi même, les autres sont déjà pris", intime Jim à son essaim de followers énamourés. Douce ironie que cette citation d’Oscar Wilde recyclée sous des posts Instagram saturés d’abdos et de filtres, tant le film s’amuse justement des stéréotypes auxquels les gays sont tentés de se conformer pour trouver leur place. Twinks, bears, drags, gym queens, puppies… C’est dans ce regard communautaire à la fois taquin et affectueux que Jim Queen trouve son énergie, et un humour référencé volontiers cru.

Délire pop sous poppers

Avec ses répliques taillées au cordeau et ses situations dignes d’un croisement entre Drag Race et Fort Boyard, le film lorgne autant du côté de la récente série Big Mouth que des animes des années 1980-1990 façon Sailor Moon. L’artwork ultra coloré et la réalisation parfaitement rythmée donnent à cette fable queer des allures de grand délire pop sous poppers.

Et pour donner vie à cette galerie arc-en-ciel de personnages, Jim Queen réunit un casting beau comme une licorne : les humoristes Alex Ramirès et Shirley Souagnon, le comédien Jérémy Gillet (Arrête avec tes mensonges), la star du porno François Sagat, mais aussi La Briochée (Drag Race France) et même Philippe Katerine qui, après avoir été le bonhomme bleu tout nu de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Paris 2024, poursuit ici sa carrière d’apparitions impossibles à résumer à ses proches avec un rôle encore plus profond : celui d'une prostate.

Derrière les vannes, les muscles huilés et les drames de twinks, Jim Queen rappelle surtout une chose : les queers passent beaucoup de temps à se caricaturer entre eux, mais savent aussi très bien faire front commun quand il le faut. Bisounours ? Peut-être, mais vu l’époque, ce n’est peut-être pas le plus inutile des super-pouvoirs.

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Crédit illustration : Bobbypills