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Mounir Mahjoubi pose avec son compagnon dans "Paris Match", une première pour un ministre

Il rentre dans le club très fermé des personnalités politiques en exercice à sortir du placard. Le secrétaire d'État au numérique a posé pour la première fois avec son compagnon, Mickaël Jozedowicz, dans les colonnes de l'hebdomadaire Paris Match pour un portrait accompagné de photos prises dans leur appartement du 19e arrondissement de Paris.

« Je suis parfaitement en paix et... très amoureux. » C'est ainsi que débute le portrait consacré au secrétaire d'État au numérique en exercice, Mounir Mahjoubi, à lire dans les colonnes de l'hebdomadaire Paris Match, en kisoque à partir du mercredi 18 juillet 2018. Une figure emblématique d'En marche à Paris. Il devient le premier ministre en exercice à afficher ouvertement son homosexualité.
https://twitter.com/tomvampouille/status/1019166480871690240
Le secrétaire d'État avait déjà fait parler de lui le 17 mai dernier, à l'occasion de la journée internationale contre l'homophobie et la transphobie, en évoquant dans un tweet assez subtil, sa propre homosexualité.


Deux mois après son coming-out, le jeune ministre âgé de 34 ans, fait un pas de plus vers la banalisation de l'homosexualité en s'affichant avec son compagnon rencontré il y a 13 ans, « par échanges épistolaires via un site Internet ». Un pas que trop peu de personnalités politiques osent faire, encore moins lorsqu'elles sont en exercice. Lui se « moque du qu'en dira-t-on ». 

« Libérer la parole »

À 16 ans, Mounir Mahjoubi confie avoir été confronté à de l'homophobie en milieu scolaire : « Les insultes et les baffes je connais ». Mais également au sein de sa propre famille. Offrir l'image d'une union « épanouie et heureuse », dans leur appartement du 19e arrondissement, et devenir une source d'espoir, c'est le but clairement affiché pour celui qui dit vivre « l'esprit tranquille et apaisé ».

« Si notre exemple peut permettre de libérer la parole, alors j'en serai fier. »

L'association SOS Homophobie s'est félicitée, dans un tweet, de ce portrait qui « contribue à la visibilité et à la banalisation de l'homosexualité dans notre société » :

Mise en scène

Un portrait qui revêt une importance toute particulière en ce qui concerne la visibilité des couples homosexuels dans la presse. Mais on peut tout de même déplorer le choix du titre, pouvant laisser sous-entendre que l'homosexualité serait une source de complexes. Tout comme le choix des deux photos, l'une le représentant avec son compagnon en train de ranger des livres, l'autre assit sur le plan de travail de sa cuisine, deux casseroles à la main.
Selon l'Association des journalistes LGBT+ (AJL), ce n'est pas la première fois que le traitement d'un couple homosexuel est différent de celui d'un couple hétérosexuel dans Paris Match. En 2017, l'hebdomadaire affichait en une Stephane Bern et son compagnon, un symbole fort... À ceci près que les conjoints étaient séparés par un bon mètre sur la photo. Une mise en scène qui « n’a pas grand chose à voir avec les poses intimes des couples traditionnellement présentés à la Une de Paris Match », notait l'association dans un communiqué publié sur son site.

Crédit Photo : Wikipedia/Creative Commons.


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