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En Malaisie, la répression envers la communauté LGBT+ s’intensifie

En Malaisie, le gouvernement durcit depuis plusieurs mois sa politique anti-LGBT+, déjà très conservatrice. Il espère ainsi « atténuer la propagation de cette culture au sein de la société ».

Le 9 mai dernier, les Malaisiens ont élu Mahathir Mohamad Premier ministre du pays. Mais trois mois plus tard, le pays est marqué par une forte augmentation des discriminations, du harcèlement et des crimes à l'encontre de la communauté LGBT+.

Samedi dernier, au petit matin, la police a effectué une descente au Blue Boy, une boîte de nuit gay de Kuala Lumpur, à l'occasion de laquelle 20 hommes homosexuels ont été arrêtés. Une action lourde de sens pour le gouvernement, qui estime que la communauté LGBT+ n'a pas sa place dans la sphère publique : « Nous espérons que cette initiative atténuera la propagation de la culture LGBT au sein de la société », a déclaré devant la presse Khalid Samad, ministre des Territoires fédéraux.

Deux jours auparavant, une femme transgenre était violemment battue en pleine rue à Seremban, face aux regards acerbes des passants. La même semaine, un tribunal condamnait deux femmes lesbiennes à six coups de fouets, après que ces dernières ont été surprises ayant une relation sexuelle.

Une répression grandissante

En Malaisie, pays fortement marqué par la religion musulmane, l'homosexualité est toujours illégale. Le mariage entre personnes de même sexe y est donc interdit et les personnes transgenres ne bénéficient d'aucune reconnaissance légale de la part de l'État. De facto, aucune loi anti-discrimination ne protège la communauté face à d'éventuels comportements haineux.

Le 20 août dernier, la vice-Première ministre Wan Azizah Wan Ismail a expliqué au Malay Mail que la communauté LGBT avait le droit d'exister en Malaisie, à condition qu'elle « vive à l'abri des regards »« Il y a des lois contre l'homosexualité (...) Et en tant que musulmane, j'ai mes préférences quant à leurs droits ».

À LIRE AUSSI : Une personne LGBT sur deux a déjà été victime de violences LGBTphobes

Inquiétude des ONG

Et les persécutions se sont pas seulement politiques. Loin de là. En février dernier, le Sinar Harian, un journal national, publiait un article pour aider à identifier un membre de la communauté LGBT+« Les homosexuels aiment aller à la salle de sport, non pas pour faire de l'exercice, mais pour admirer les autres hommes ; Leurs yeux s'illuminent à la vue d'une personne de même sexe », peut-on lire dans l'article.

En avril dernier, l'université malaisienne Sains Malaysi avait de son côté organisé un concours pour aider les étudiants LGBT+ à « revenir sur le droit chemin ». Elle définissait le concours comme « une campagne visant à inviter des amis ayant un désordre au niveau de leur orientation sexuelle à revenir à leur état naturel ». Les participants étaient, entre autres, invités à soumettre une affiche ou une courte vidéo au jury dont le thème était : « Aidez la communauté LGBT+ ».

Des mesures répressives qui inquiètent vivement les ONG, dont Amnesty International qui a appelé le gouvernement, dans un communiqué publié le 11 juillet dernier, à « condamner les récentes agressions visant des personnes LGBTI en Malaisie, à adopter des politiques en vue de protéger ces personnes de la discrimination et à veiller à ce qu’elles puissent exercer pleinement leurs droits ».

Crédit photo : MANAN VATSYAYANA / AFP.


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