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QUEERTOPIE. #Pochoirpourtous contre les tags anti-PMA : « On répond à la haine par l’amour »

Un collectif anonyme de « chasseurs de streetart » s'est attelé à la lourde tâche de recouvrir tous les tags anti-PMA que l'on trouve dans les rues de Paris. Comment ? En les remplaçant par des coeurs. Nous avons rencontré une des personnes à l'origine de cette initiative. Elle témoigne anonymement pour TÊTU, dans le cadre de notre série #Queertopie, mettant en avant des initiatives positives pour les personnes LGBT+.

« Nous sommes des femmes et des hommes entre 25 et 55 ans. Nous sommes une bande de copains. Nous sommes des Parisiens, des banlieusards ou des provinciaux. Nous sommes hétéros, gays, lesbiennes ou bi. Nous sommes des citoyens. Et nous sommes aussi des chasseurs de streetart. Nous nous régalons à parcourir la capitale pour photographier des oeuvres, que nous partageons ensuite sur Instagram.

À Paris, il y a des routes que l'on emprunte tous les jours. Parfois, on démarre sa journée à 7h du matin et la première chose que l'on se prend dans la figure en sortant du métro c’est un tag anti-PMA ou anti-GPA. C’est extrêmement intrusif, très agressif et ça heurte. La rue ne doit pas être une tribune politique. Surtout si l'on ne peut pas répondre et si le message est discriminatoire. Ça devrait être interdit au même titre qu'il est interdit d’insulter quelqu'un dans la rue. En plus de ça, les messages diffusés sont mensongers. Ces gens-là connaissent-ils seulement un seul enfant né grâce à la PMA ?

« Ça fait mal dans le bide tant d'intolérance »

L'élément déclencheur a eu lieu cet été, en août. Paris a accueilli les Gay Games, les jeux olympiques de la diversité, ouvert à tous. Pendant que de nombreux événements se tenaient partout dans Paris et que la place de l'Hôtel de Ville accueillait le village olympique, des tags anti-PMA jonchaient la rue de Rivoli, à quelques mètres seulement. Mais pour nous, il y a surtout eu le tag de trop. On sortait du métro Place de la Madeleine et on est tombé sur un tag qui disait 'douleur sans fin' ou quelque chose comme ça. Ça fait mal dans le bide tant de méconnaissance et d'intolérance.

À ce moment-là, on s'est demandé ce qu'on pouvait faire. Ça a juste été un ras-le-bol et un acte spontané : il y en a un qui est allé chercher une bombe chez lui, il y en a un autre qui est allé chercher un morceau de carton dans une poubelle et qui a découpé un coeur et on a commencé comme ça. On en a fait un, puis un deux, puis trois et en fait quand tu commences à regarder ces choses-là, tu te rends compte qu’il y en a tous les 20 mètres, aux sorties de métro et de parkings, aux arrêts de bus, sur les trottoirs... Depuis le premier le 10 août, on en a recouvert au moins une centaine.

« Refusons les amalgames et les raccourcis »

Notre démarche n'est pas idéologique ou politique, elle est citoyenne. Nous ne sommes pas spécifiquement pro-PMA mais nous sommes contre toutes les formes de discrimination. On est pro-égalité et pro justice-sociale. Et si la PMA est autorisée pour certaines femmes, elle doit l’être pour toutes. Ouvrons les yeux sur les nouvelles formes de parentalité, sur les évolutions sociétales de la famille, ouvrons-nous au dialogue, refusons les amalgames et les raccourcis.

On a choisi d'utiliser des coeurs pour recouvrir ces tags. Pourquoi ? Parce que déjà c'est joli. Ensuite, parce que c’est un symbole d’amour et que l'on voulait répondre à un message de haine par un message d’amour. On fait ça en plein jour, quand on a le temps et quand on peut. Nous avons été très souvent interpellés par des passants qui venaient nous voir spontanément pour nous demander ce qu’on faisait. A chaque fois, ils ont été extrêmement positifs dans leur réaction et on a reçu beaucoup de soutien.

« Agissez avec nous »

Devant ces belles réactions, nous ne pouvons qu'appeler à la solidarité : si vous êtes un streetartiste ou une entreprise et que vous avez des bombes à nous donner, n'hésitez pas. Si vous êtes un citoyen et que vous voyez des tags discriminatoires, signalez-nous précisément où ils se trouvent. On aimerait aussi alerter la Ville de Paris et lui demander si elle peut, comme elle le fait pour les tags et l’affichage sauvage, veiller à effacer ces messages.

Ou encore mieux : agissez avec nous ! Retroussons nos manches, il y a beaucoup de travail pour nettoyer les rues de Paris. Prenez un morceau de carton ou un sac en papier, découpez un coeur, achetez une bombe de peinture et go ! Ça coûte beaucoup moins cher qu’un abonnement à la salle de sport et ça défoule comme jamais !

A LIRE AUSSI : Ce collectif de street art recouvre les tags anti-PMA avec des coeurs

Et aussi, n'hésitez pas à relayez sur les réseaux sociaux ! Pour partager nos actions, nous avons créé le compte Instagram @pochoirspourtous et on utilise les hashtags : #pochoirspourtous #auxactescitoyens #coeursurlaville #spraythelove #surlespaveslamour #coeur #coeurs #tolerance #paris #streetart #parisstreetart #parisjetaime #parismonamour »

Pour leur écrire : pochoirspourtous@gmail.com

Crédit photo : Pochoirs pour tous.


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