facebook

Quatre raisons réjouissantes (et sans spoiler) de regarder la saison 2 des « Engagés »

La saison 2 de la série « Les Engagés » est diffusée sur le site de Studio 4 à partir du 12 novembre. Une saison toujours très pédagogique, mais plus intime, inclusive et internationale que la précédente. On vous en parle sans rien "divulgacher".

Tournée cet été à Lyon, la saison 2 de la web-série "Les Engagés" sera de nouveau diffusée gratuitement sur internet à partir du 12 novembre. On a laissé, dans le dernier épisode, Hicham et Thibault sérieusement brouillés et l'association du point G divisée. Sans dévoiler l'avancée des intrigues, on vous donne quatre raisons de regarder cette nouvelle saison.

A LIRE AUSSI : EXCLU TÊTU. Découvrez en avant-première la bande-annonce de la saison 2 des « Engagés »

1. La pédagogie contre la transphobie

Très attendue, l'arrivée du personnage d'Elijah (incarné par Adrian De La Vega) permet d'expliquer simplement la transidentité. "Les Engagés" décline sans lourdeur les différents niveaux de transphobie : celle - souvent par ignorance - des autres membres de la communautés LGBT, celle des institutions de la République, celle de la Sofect (société française d'études et de prise en charge de la transidentité) dont les méthodes sont décriées par plusieurs associations trans'. Mais aussi la fébrilité des associations LGBT à dénoncer frontalement la transphobie. Il est aussi fait allusion aux Terf (trans-exclusionary radical feminist), ces groupes féministes qui excluent les femmes trans'.

A LIRE AUSSI : Radical ? Le mouvement trans et intersexe veut juste qu'on l'écoute

2. L'intime sans pudibonderie

C'était déjà une réussite de la saison 1. "Les Engagés" continue de montrer la sexualité de ses personnages principaux sans faux-semblants. La saison 2 donne à plusieurs reprises des coups de chaud pas désagréables. La caméra prend un vrai plaisir à filmer la sensualité des acteurs. Et à le partager avec le spectateur.

Et lorsqu'elle filme un plan à trois, c'est sans l'insistance ridicule à laquelle la fiction nous a habitué.e.s. Pour ne rien gâcher, la série donne également à voir la sexualité des personnes trans'. Dommage que celle des lesbiennes ne soit pas aussi représentée.

A LIRE AUSSI : Quatre raisons queer de voir « Elite », la série sur la jeunesse dont tout le monde avait besoin

3. L'importance de l'engagement militant

"Si vous ne vous occupez pas de la politique, la politique s'occupera de vous." Ça pourrait être le sous-titre de la saison 2. Sans être donneuse de leçons, ni tièdement indignée, cette saison 2 rappelle l'importance de s'engager pour les droits des personnes LGBT. Elle montre avec finesse les motivations individuelles (nobles ou non) des militant.e.s. Elle se paie même le luxe d'aborder sans fards les divisions qui parcourent aujourd'hui le milieu militant LGBT. Contre-manifestations et cortèges de tête compris.

La vision du monde politique gagne en finesse. Les militant.e.s du point G composent désormais avec des hommes et femmes politiques ni bisounours, ni tous pourris. La série réjouit surtout car elle parvient, en quelques répliques, à faire comprendre l'importance pour les LGBT de se soutenir entre différents de la communauté, et d'élargir cela aux autres minorités, même si les discriminations spécifiques à chaque groupe influent différemment leur quotidien. Une prise de conscience facilitée par la présence de plusieurs personnages appartenant à différentes minorités en même temps.

Avec cette saison 2, "Les Engagés" mérite plus que jamais son nom.

A LIRE AUSSI : "On va secouer les consciences" : on a assisté au tournage de la saison 2 des "Engagés"

4. La solidarité LGBT à l'international

Particulièrement inscrite dans notre époque, "Les Engagés" montre très bien les combats des personnes LGBT d'une grande ville comme Lyon. Mais pas seulement. Les militants du point G font lever la tête de notre nombril pour dénoncer la politique de la France envers les réfugiés LGBT. Ils s'engagent également contre les purges LGBTphobes en Tchétchénie. Et montrent comment chacun peut agir à son niveau.

A LIRE AUSSI : « Je n’ai pas l’habitude de parler de ma sexualité » : le parcours du combattant des demandeurs d’asile LGBT+

5. Et tellement plus...

Parmi les autres sujets abordés - et bien abordés -, on (re)trouve pêle-mêle ceux du féminisme, du port du voile, des fratries LGBT, de l'invisibilisation des lesbiennes, de la lesbophobie, du snobisme du militantisme parisien envers les régions, ou encore des violences domestiques.

"Les Engagés" a le talent de traiter de très nombreuses problématiques LGBT, en s'adressant au plus grand nombre plutôt qu'aux spécialistes. L'écriture très ramassée (les épisodes font tous ou presque 10 minutes) ne facilite pas la tâche, mais la série s'en sort dans l'ensemble avec brio. L'avancée de l'intrigue est moins lourde que dans la saison 1, même si forcément parfois précipitée. Le jeu d'acteurs trébuche encore parfois, mais la saison 2, plus complète encore que la précédente, reste une réussite. Aucune autre série française n'a le courage et la pédagogie des "Engagés".

Crédit photo : Jean Combier – Astharté & Compagnie.


Sur le même sujet

TÊTU
TÊTU La crème
de l'actualité LGBT
Toutes les semaines, dans votre boite mail