bisexualitéUne étude de l'Ined balaie plusieurs idées reçues sur la bisexualité

Par Marion Chatelin le 12/12/2018
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Une étude menée par l'Institut national des études démographiques (Ined) sur les bisexuel.le.s est publiée ce mercredi 12 décembre.

Les chiffres permettraient de dégager les "caractéristiques sociales" des personnes bisexuelles en France. C'est en tout cas ce qu'affirment les chercheurs Mathieu Trachman et Tania Lejbowicz, les deux auteurs de cette étude statistique de l'Institut national des études démographiques (Ined).

Ils s'appuient notamment sur l'enquête Virage (pour "Violences et rapport de genre", ndlr) menée en 2015 sur un panel de 15.556 femmes et 11.712 hommes. Et balaient quelques clichés sur la bisexualité. "Ces résultats remettent en cause l’idée d’une bisexualité qui devrait être pensée par rapport à l’homosexualité, comme une période transitoire vers l’homosexualité ou comme une homosexualité déniée", notent ainsi les chercheurs.

0,9% de femmes et 0,6% d'hommes bisexuel.le.s

Peu d'enquêtes statistiques s'intéressent aux personnes bisexuelles, ce qui peut contribuer à l'invisibilisation d'une sexualité, présentée comme "secondaire" aujourd'hui. Pourtant, 0,9% des femmes et 0,6% des hommes se déclarent bisexuel.le.s, en France aujourd'hui.

Les femmes rapporteraient plus fréquemment que les hommes des pratiques avec des partenaires des deux sexes. Paradoxalement, elles s'identifient moins souvent comme bisexuelles que les hommes. Selon les auteurs, "dire un désir ou avoir des pratiques avec les personnes des deux sexes est relativement mieux accepté pour les femmes". Une affirmation justifiée par le fait que "ces expériences peuvent être considérées comme un élément d’une sexualité féminine, en particulier lorsqu’elles ne remettent pas en cause l’attrait des femmes pour les hommes".

Les femmes se déclarent majoritairement (58%) plus attirées par l'autre sexe que par le même sexe, ce qui n'est pas le cas des hommes (47%). "Se dire bisexuel ne signifie donc pas nécessairement une attirance indifférenciée pour les deux sexes", commentent les chercheurs, allant ainsi à l'encontre de beaucoup d'idées reçues.

Les bisexuelles plus diplômées

Près de la moitié des femmes bisexuelles ont moins de 30 ans, elles sont plus diplômées que les hétérosexuelles, mais un peu moins que les lesbiennes. La situation pour les hommes bisexuels est, elle, plus singulière : plus de la moitié d’entre eux ont plus de 50 ans, ils sont moins diplômés que les hétérosexuels, et beaucoup moins que les homosexuels.

Les auteurs émettent l'hypothèse que "l’identification bisexuelle pouvait être plus facile que l’identification homosexuelle" selon les générations et les milieux sociaux.

Plus de difficultés à être en couple

Lorsqu'ils sont en couple, les bisexuel.le.s le sont le plus souvent avec une personne du sexe différent.

En revanche, les bisexuel.le.s sont moins en couple que les personnes hétérosexuelles : 42% des femmes bies ne sont pas en couple, contre 27% des hétérosexuelles (du côté des lesbiennes, ce chiffre monte à 44%). Les hommes bisexuels détiennent, eux, la palme de ceux qui ont le plus de mal à être en couple (70%). Suivent ensuite les homosexuels (45%) et les hétérosexuels (25%). Les chiffres sont assez révélateurs et peuvent exprimer une plus grande difficulté à trouver un conjoint lorsqu'on est bisexuel.le.

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