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Trump veut « éliminer » le VIH aux États-Unis d’ici 10 ans

Le président américain Donald Trump a annoncé, mardi 5 février, lors de son discours annuel devant le Congrès, vouloir mettre fin à l'épidémie de sida aux États-Unis dans la prochaine décennie. Une annonce très surprenante, qui tranche radicalement avec toute la politique menée jusqu'alors sur le VIH et la santé des LGBT+.

Surprise générale. Donald Trump a annoncé mardi 5 février, vouloir dompter l'épidémie du sida aux États-Unis avant 2030. Une annonce accueillie positivement par les associations et les experts, et que le Congrès va être appelé à financer dans le prochain budget. "Mon budget demandera aux démocrates et aux républicains de dégager les moyens nécessaires pour éliminer l'épidémie de VIH aux Etats-Unis d'ici 10 ans. Ensemble, nous vaincrons le sida en Amérique et au-delà", a déclaré le président républicain lors de son discours annuel sur l'état de l'Union, au Capitole.

Un changement de cap radical, qui intervient après un coup d'arrêt dans la recherche sur le VIH en décembre dernier. Des scientifiques s'étaient vu interdire, en toute discrétion, de poursuivre leurs recherches sur des souris avec du tissu foetal.

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Tâche titanesque

Le secrétaire à la Santé, Alex Azar, a ensuite fourni plus de détails sur l'annonce présidentielle. Et l'objectif à atteindre est énorme. Il s'agit de réduire le nombre de contaminations par le VIH aux États-Unis de 75% en cinq ans, et 90% en dix ans. Environ 38.000 personnes ont été contaminées par le VIH aux États-Unis en 2017, selon les statistiques gouvernementales. Ce nombre s'est réduit au fil des années, mais dans certaines communautés le reflux ne se produit pas, notamment chez les LGBT+, les Noirs et les Hispaniques.

Mais pour les associations, l'objectif n'est pas jugé farfelu. Une coalition d'organisations anti-sida avait affiché l'objectif "ambitieux" d'une fin de l'épidémie d'ici 2025, dans un document publié à l'automne dernier. "Contrôler le VIH en une décennie est une tâche titanesque, mais nous applaudissons la volonté affichée", a dit à l'AFP Michael Weinstein, président de la très grande organisation anti-sida AIDS Healthcare Foundation, qui gère 64 centres médicaux aux Etats-Unis et des centaines dans le monde.

"Cette initiative, si elle est mise en place et financée, pourrait s'inscrire dans l'histoire comme l'une des plus grandes réussites de sa présidence", a réagi le directeur de l'AIDS Institute, Michael Ruppal.

Cette annonce n'est pas sans rappeler celle faite par le secrétaire d'État à la Santé britannique, faite il y a quelques jours seulement.

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Quels moyens ?

Plus de prévention, notamment dans les foyers de l'épidémie au sud du pays, et plus de traitements pour rendre le virus indétectable et intransmissible. Voilà ce que réclament les associations depuis de nombreuses années. Il s'agit aussi de renforcer les tests de dépistage, car aujourd'hui 165.000 Américains ignorent qu'ils ont été contaminés. Dans le détail, l'administration Trump veut que de tels tests deviennent routiniers dans l'univers médical et souhaite également faciliter l'accès aux traitements antirétroviraux.

Un défi dans un pays où naviguer entre les systèmes d'assurance médicale est un parcours du combattant, surtout pour les plus pauvres. Aujourd'hui, seul un séropositif sur deux a le virus sous contrôle. Le gouvernement veut monter à 90%. Utopique ? Sans une réforme de la santé en profondeur, cela semble compliqué.

Enfin il faut promouvoir le traitement préventif PrEP ("prophylaxie pré-exposition"), sur ordonnance et remboursé, expliquent les associations. Car, six ans après son autorisation aux États-Unis, seulement 220.000 personnes le prenaient en août 2018, selon le site prepwatch.org. Et de son côté, le gouvernement américain estime que seulement 10% des personnes à risque pouvant bénéficier de la PrEP prennent le traitement.

L'annonce du président américain tranche donc radicalement avec la politique menée jusqu'à aujourd'hui en la matière. L'administration Trump avait notamment proposé l'an dernier de réduire le budget de la prévention anti-sida aux États-Unis, et surtout dans le monde, mais le Congrès avait refusé. Fin décembre, l'armée américaine avait fait preuve de sérophobie pure et dure, en renvoyant deux soldats à cause de leur séropositivité.

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(Avec AFP)

Crédit photo : Doug Mills / POOL / AFP. 


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