Sodomie : comment éviter les « incidents » ? Un proctologue répond à nos questions

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Chronophages, peu pratiques, parfois jugés dangereux, les lavements rectaux ne sont pas un passage obligé. Mais comment minimiser les risques « d’incidents » pendant la sodomie si l’on décide de s’en passer ? Jean-David Zeitoun, gastro-entérologue et proctologue, nous répond.

Certains hommes gays ne pratiquent jamais la sodomie. D’autres très régulièrement. Entre adultes, pas de modèle à suivre, sinon celui du consentement. Rappelons une évidence : la sodomie implique l’anus et le rectum. Avec donc potentiellement un invité surprise non-désiré, les excréments. Pour éviter ce que d’aucuns appellent « le mikado » et que nous nommerons pudiquement « incident », il y a la solution des lavements. Ils consistent à s’injecter de l’eau par l’anus pour « nettoyer le rectum ». Mais entre inquiétude et manque de temps, certains hommes aimeraient s’en passer.

Petit rappel utile : ces « incidents » sont inhérents à la vie sexuelle gay. Aucune raison d’en faire une montagne. L’alimentation est souvent perçue comme une solution efficace pour les éviter tout en se passant des lavement rectaux. Avec des rumeurs de régimes qui laisseraient le rectum net. Cette option – non scientifique – présente deux risques. D’abord, celui d’adopter une alimentation totalement déséquilibrée. Ensuite, celui du trouble du comportement alimentaire, quand la question devient obsessionnelle. Pour déconstruire les idées reçues et les inquiétudes infondées sur ces questions, TÊTU a interrogé le docteur Jean-David Zeitoun, gastro-entérologue et proctologue à Paris.

 

Le risque « d’incidents » est-il une inquiétude répandue chez vos patients pratiquant la sodomie ?

Jean-David Zeitoun : Honnêtement, mes patients ne m’en parlent pas souvent. En cas de souillure, le principal risque, qui est très faible, est probablement celui d’une contamination des urines. Donc, chez l’homme, le risque d’une prostatite que l’on arrive à traiter par antibiotiques. Même si c’est désagréable.

Y a-t-il  des aliments qui limitent ce risque ?

L’alimentation peut avoir un impact sur le risque de souillure du partenaire. Pour ceux dont le transit a une tendance à être accéléré et/ou à générer des selles pas totalement formées, il est vrai qu’une alimentation plus pauvre en fruits, légumes et fibres en général, peut améliorer les choses. Ce sont des recommandations générales. Mais attention : il n’est pas recommandé d’arrêter la consommation de fruits et légumes pour autant.

Faut-il adapter ses pratiques sexuelles à son rythme de digestion ?

Je pense qu’il est erroné de parler de digestion dans le cadre de la sodomie. La digestion est le passage des aliments dans le milieu intérieur, soit l’intérieur de l’organisme (en excluant le contenu du tube digestif). On parlera davantage de transit. En cas de rapport sexuel par voie anale, ce qui peut préoccuper les gens est la persistance de selles dans le rectum, même en quantité infime. Mais cela est très difficile à prédire. Certaines personnes vont à la selle une, voire deux fois par jour. D’autres seulement deux ou trois fois dans la semaine. Ce qui est normal dans les deux cas. Il faut observer le rythme propre de son transit, qui varie d’une personne à l’autre. 

On entend parfois que les lavements sont risqués pour la santé. Est-ce vrai ?

Ce n’est à ma connaissance absolument pas démontré et je pense que c’est une idée fausse. Il y a peu d’études scientifiques sur le sujet, mais notre expérience nous suggère que les lavements rectaux, même pratiqués fréquemment, n’ont pas d’impact négatif sur la santé. Les lavements servent essentiellement à vider le plus complètement possible le rectum. C’est-à-dire la partie la plus terminale du tube digestif. Les lavements ne remontent pas très haut si l’on considère l’ensemble du cadre colorectal (formé par le côlon, atour de l’intestin grêle, ndlr). De plus, beaucoup de patients ayant une constipation, notamment des patients âgés, en font régulièrement, sans que l’on n’observe de complications.

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Crédit photo : William Crochot / Creative Commons

A LIRE AUSSI : Pourquoi certains gays ne pratiquent pas la sodomie (et pourquoi ce n’est pas grave)

Crédit photo : Shutterstock.

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