lesbienneUn couple de lesbiennes tabassé à Londres après avoir refusé de s'embrasser

Par Youen Tanguy le 07/06/2019
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Un couple de lesbiennes a été violemment agressé dans la nuit du 30 au 31 mai dans un bus de Londres. La raison : elles ont refusé de s'embrasser.

Les faits se sont déroulés dans la nuit du jeudi 30 au vendredi 31 mai à Londres. Deux lesbiennes, Melania Geymonat et sa petite amie Chris, ont raconté sur Facebook avoir été victimes d'une violente agression lesbophobe dans un bus de nuit en direction du quartier de Camden.

Selon le récit de Melania, publié le 5 juin, elles rentraient d'une soirée lorsqu'elles se sont faites interpeller par quatre hommes. "Ils ont commencé à se comporter comme des hooligans, réclamant que l'on s'embrasse pour qu’ils puissent regarder, nous appelant 'lesbiennes' en décrivant des positions sexuelles".

"Ils nous lançaient des pièces"

Face à l'attitude de leurs agresseurs, les deux femmes ont tenté de "faire des blagues." "Chris a même fait semblant d'être malade, mais ils ont continué à nous harceler en nous lançant des pièces de monnaie". Tout s'enchaîne ensuite rapidement.

"Tout d'un coup, j'ai vu Chris au milieu de bus en train de se battre avec eux." Melania tente de l'aider mais se prend elle aussi des coups. "Je ne me souviens pas si j'ai perdu connaissance ou pas, explique-t-elle sur Facebook. Le bus s'est arrêté, la police était là et j'étais en sang."

Leurs agresseurs, eux, se sont enfuis avec les affaires des deux jeunes femmes, qui ont partagé la photo de leurs visages tuméfiés sur les réseaux sociaux (attention, les images peuvent choquer).

https://www.instagram.com/p/ByZoyaSidY4/?igshid=e5hgkiurbxl5

"Manifestation terrible de la lesbophobie"

Leurs visages, publiés dans la presse britannique, ont fait le tour du monde. Et ont provoqué une vague d'indignation de la part des militants LGBT+. Sur Twitter, la journaliste lesbienne Alice Coffin a apporté son soutien aux victimes et interpellé "Google, Facebook et les autres". "Voilà ce qu’il se passe quand on rend le mot “lesbienne” synonyme d’“image porno pour hommes hétéros”.

Un avis partagé par l'association SOS Homophobie qui a écrit sur Twitter : "Manifestation terrible de la lesbophobie. Cette agression montre que l’amour entre femmes est réduit à un fantasme hétérosexuel, est nié par une grande partie de la société."

"Ce qui m'énerve le plus est de voir que la violence est devenue banale et que c'est parfois nécessaire de voir une femme en train de saigner après avoir été frappée pour voir un impact quelconque", a écrit Melania sur son post Facebook.

Et d'ajouter : "J’en ai assez d’être prise pour un objet sexuel, ou de découvrir que ce genre de situation est habituelle, que des amis gay sont frappés, juste ‘parce que’. On doit endurer le harcèlement verbal, le chauvinisme, la misogynie et l'homophobie violente, parce qu'on se défend".

A LIRE AUSSI : En 2018, les actes LGBTphobes ont explosé

Selon le dernier rapport de SOS Homophobie, publié en mai dernier, les actes lesbophobes ont connu une « augmentation spectaculaire » en France l'an dernier avec une hausse de 42% des témoignages par rapport à 2017. « Pour la première fois, j’ai ressenti de la honte à aimer une fille », confiait une des femmes interrogées dans le rapport qui compile des dizaines d’autres témoignages.

Crédit photo : Hugh Venables/Geograph