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#MeTooTrans : des personnes trans livrent des témoignages poignants sur les réseaux sociaux

Sur les réseaux sociaux, des dizaines de personnes trans ont partagé leurs expériences de transphobie avec le hashtag #MeTooTrans.

C'est un mouvement qui prend de l'ampleur sur les réseaux sociaux. Depuis quelques jours, des dizaines de personnes trans partagent leurs expériences transphobes sur les réseaux sociaux, et notamment sur Twitter, grâce au hashtag #MeTooTrans.

"Des gens ont osé parler de choses dont ils n’osaient pas parler"

Un mouvement initié le 10 novembre dernier par une internaute de 25 ans : "Face aux agressions transphobes, individuelles ou collectives, personnelles ou étatiques qui se multiplient, je vous invite à partager vos expériences de transmisogynie et de transphobie sous le hashtag #MeTooTrans".

Et d'ajouter : "Calqué sur le modèle de dénonciation qu'était le #Metoo, ce hashtag a pour but de libérer la parole des agressions que nous, personnes trans vivons dans un système toujours plus enclin et favorable à notre discrimination et à nos agressions".

Contactée par le Huffpost, l'internaute explique avoir lancé ce hashtag après avoir été contactée par plusieurs personnes, elles-mêmes interpellées par un article de TV5Monde : "A quand un #meToo des femmes transgenres ?". "Des gens ont osé parler de choses dont ils n’osaient pas parler", ajoute-t-elle.

Agressions en hausse

Les témoignages que l'on retrouve sur les réseaux sociaux font état d'agressions physiques et sexuelles, comme de cas de mégenrage ou encore de remarques transphobes. Une femme trans a par exemple raconté son agression sexuelle sur Twitter : "Quand un mec m'a attrapé l'entrejambe en soirée plusieurs fois d'affilée pour vérifier que j'avais biens "des couilles" (...)".

"Quand un mec a touché ma poitrine pour être me dire j’étais pas un mec", a aussi écrit un internaute.

"Un jour quelqu'un que j'aimais beaucoup m'a megenré. Quand je l'ai repris il m'a simplement dit 'Bah non, t'es pas un mec, si je te met un doigt ça rentre'", a raconté un autre.

https://twitter.com/HailSatan3am/status/1193543732940943365

Et les internautes parlent également du rejet, parfois de la communauté LGBT elle-même. "Lorsqu'un mec de la sécurité en BOITE GAY m'a interdit l'accès aux toilettes pour hommes (en me poussant) alors que j'arrêtais pas de lui dire que j'étais un garçon, explique l'un d'entre eux. Plus, ne parlons pas de l'irrespect de la communauté cisgenre gay ce soir là, c'était terrible."

https://twitter.com/Epectaz/status/1193544334601334784

D'autres, encore, racontent des scènes d'humiliation : "Une fois au lycée un gars est venu me voir pour me demander si j'étais un mec ou une fille. Je lui ai dit que j'étais un mec et il est reparti voir ses potes en criant "TU ME DOIS 5€". Ils avaient parié sur mon genre."

https://twitter.com/SorenBrl/status/1193540228407005184

https://twitter.com/GenetixVideos/status/1193955798369677312

Selon SOS Homophobie, les actes transphobes seraient en constante augmentation. L’association avait constaté, dans son rapport annuel, une augmentation de 54%  des agressions à caractères transphobes entre 2017 et 2018.

D'autres témoignages

La semaine dernière, TÊTU avait recueilli le témoignage de Maël, un homme trans agressé à trois reprises en un an sur le parking de l'université de Besançon. Il racontait notamment sa peur de se retrouver seul dans les couloirs de l’université ou de devoir retourner seul à sa voiture, une fois la nuit tombée. "Je me pose constamment la question ‘est-ce que ça va se reproduire ?’. Alors je m’arrange pour ne jamais être seul."

Crédit photo : Twitter/Canva.


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