écoleLe rectorat de Paris créé un observatoire des LGBTphobies

Par tetu le 02/12/2019
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Le rectorat de Paris a lancé le 5 novembre un observatoire académique des LGBTphobies en présence de la Dilcrah et de plusieurs associations LGBT+.

Un outil supplémentaire pour lutter contre les discrimination LGBTphobes à l'école. Le rectorat de Paris a lancé, le 5 novembre dernier, un observatoire académique des LGBTphobies. "Cet observatoire doit nous permettre d'agir autour de trois principes : remédier, accompagner et prévenir. Un référent des discriminations LGBT sera notamment désigné dans chaque établissement du second degré", a déclaré le recteur de Paris Gilles Pécout pendant cette réunion où se trouvaient la Dilcrah, des associations LGBT+ et des membres du corps enseignant.

"Il y avait une demande réelle des équipes enseignantes, de la direction et des élèves de voir traiter de façon systématique la question du harcèlement homophobe dans l'académie de Paris", nous-a-t-il précisé à l'issue de la réunion de lancement.

Et d'ajouter : "Il existe un ensemble d'actions disparates, mal connues, menées dans les établissements scolaire d'enseignement secondaire (collèges et lycées) qui étaient des actions de prises de conscience. Nous sommes conscients des nécessités de prévention et de formation sur ce sujet (...) Le combat contre l'homophobie est un combat moral et social".

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Des dysfonctionnements ?

Plusieurs associations, telles que Paye Ta Gouine, ont pointé du doigt des dysfonctionnements dans des établissements parisiens. L'un d'entre eux aurait notamment refusé la diffusion d'affiches visant à lutter contre les LGBTphobies. SOS Homophobie, de son côté, a évoqué les IMS (interventions en milieu scolaire) que ses bénévoles mènent quasi-quotidiennement partout en France. "Nous sommes bookés jusqu'à la fin de l'année", a-t-elle par exemple assuré.

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La bande-annonce du film de Denis Parrot, "Coming out", a également été diffusée. Ce film sera probablement montré aux élèves à l'occasion de la journée internationale de lutte contre l'homophobie et la transphobie en mai.

Le fléau du harcèlement scolaire

Un autre sujet a été abordé : le harcèlement scolaire des jeunes LGBT. Comment lutter contre efficacement contre ce fléau ? Pour le recteur de Paris, il faut "changer les mentalités par les savoirs et l'exercice de la pensée critique". "La lutte contre l'homophobie est d'abord une exigence intellectuelle, c'est à dire comprendre comment ça marche : savoir pourquoi on persécute des gens et comprendre ce qu'est l'homosexualité et la transidentité."

Avant d'abonder : "Une fois que l'enfant comprend : il y a une exigence de pensée critique. Poser les débats d'une façon différente. On part de la question des stéréotypes de gens pour montrer que ça n'est pas un sujet isolé et qu'il a des conséquences, comme le harcèlement scolaire." Pour lui, les sujets ont vocation à être évoqués lors des cours d'éducation à la sexualité.

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"Il n'est pas normal que dans un cycle d'apprentissage de la citoyenneté on n'ait pas entendu parler de l'évolution du droit en matière d'homosexualité et de lutte contre l'homophobie." Il assure toutefois que, dans un grand nombre de cas, "on entend parler". Pas si sûr...

Selon une grande enquête* menée pour le MAG Jeunes LGBT entre le 23 novembre 2017 et le 26 janvier 2018 sur 335 personnes LGBT+ de 13 à 31 ans, dont TÊTU révèle en exclusivité les résultats , trois élèves LGBT+ sur quatre n'ont eu qu'entre un et trois cours d'éducation sexuelle tout au long de leur scolarité. Pire, un sur dix n'en a eu aucun.

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Des points d'étapes devraient être régulièrement réalisés avec les membres du Comité de pilotage exécutif  pour s'assurer de l'efficacité de cet observatoire et de mettre en place des mesures concrètes.

Crédit photo : Rectorat de Paris/DR.