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« Macron, on t’encule ! » : quand l’homophobie ordinaire s’invite en manif

La semaine dernière, une vidéo montrait des grévistes lancer des insultes homophobes à un chauffeur de bus. Mais malheureusement, l'homophobie ordinaire n'est pas nouvelle dans les mouvements sociaux... Pourtant, les choses commencent à changer.

"Sale pédé ! Enculé ! Suceur de bites !" La vidéo, postée mercredi 11 décembre, a fait le tour des réseaux sociaux, jusqu'à faire réagir Valérie Pécresse et la députée LREM Laetita Avia. On y voit un petit groupe de grévistes, à la sortie du dépôt RATP de Vitry-sur-Seine, prendre à partie un chauffeur de bus non gréviste en proférant des insultes homophobes. Deux d'entre eux portent un gilet rouge avec le logo de la CGT.

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En novembre 2018, un élu En Marche de Bourg-en-Bresse avait subi de la part de "gilets jaunes" une agression homophobe. Pour Jeremy Faledam, coprésident de SOS homophobie, "le sexisme et l'homophobie qui en découle sont inhérents aux mouvements où l'on trouve une majorité d'hommes, comme les stades de football mais aussi les mouvements sociaux". Pour autant, son association reçoit peu de témoignages d'homophobie dans ce type de contexte.

"L'insulte suprême pour viser les puissants"

Nicolas Framont, 31 ans, sociologue, co-rédacteur en chef de la revue Frustration et homosexuel, a milité pendant plusieurs années à la CGT et au syndicat Solidaires. Contrat première embauche, loi travail, libéralisation de la SNCF et maintenant réforme des retraites : il a suivi "à  peu près tous" les mouvements sociaux depuis 2006. En manif sur les pancartes, dans les slogans scandés, sur les réseaux sociaux... Il n'est pas rare qu'il voie voler des insultes homophobes, telles que : "On s'est fait entuber", "Les flics sont des putes à Macron"... "Dans le vocabulaire de la lutte sociale, la métaphore de la sodomie est très répandue, estime-t-il. Ce sont les ressorts classiques de l'homophobie : on va voir la sodomie ou la fellation comme marque de la soumission ultime au gouvernement, au patronat ou aux flics."...


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