facebook

« Mon petit assistant pédé » : Pierre Ménès visé par une plainte pour harcèlement moral

Un ancien collaborateur de Pierre Ménès a porté plainte contre le journaliste sportif après avoir vécu "un enfer"... pavé d'homophobie. Le consultant sportif a annoncé qu'il allait porter plainte.

C'était un job de rêve pour quiconque souhaite devenir journaliste sportif. Mais il s'est rapidement transformé en cauchemar. C'est ce qu'a raconté sur Twitter Emmanuel Trumer, journaliste sportif, le soir du réveillon de Noël. Il a annoncé avoir porté plainte contre Pierre Ménès, le consultant star du "Canal Football Club" pour harcèlement moral et injure sexiste non-publique en raison de l'orientation sexuelle.

Selon Le Parisien, la plainte, déposée fin septembre, a conduit à l'ouverture d'une enquête préliminaire par le parquet de Nanterre (Hauts-de-Seine) et à l'audition du plaignant au commissariat de Boulogne-Billancourt en novembre dernier.

"Petit assistant pédé"

Embauché par Pierre Ménès pour l'assister sur une de ses émissions pour le groupe Canal Plus, Emmanuel Trumer, alors âgé de 26 ans, aurait en effet vécu "un enfer" aux côtés du journaliste. Selon lui, Pierre Ménès l'aurait régulièrement rabaissé en public, l'appelant notamment « mon petit assistant pédé ».

Sur son site internet, Emmanuel Trumer détaille : « Il me présentait de la sorte quand on allait rencontrer des joueurs et des dirigeants à l'hôtel avant les matchs ». Il a également partagé sur Twitter des captures d'écran de SMS venant selon lui du journaliste sportif. "On est en route pede (sic). Virginie t'as vu sur le parking avec ton bougnoule elle est très déçue." 

Racisme décomplexé

Pour l'avocat de Pierre Ménès, Arash Derambarsh, interrogé par Le Parisien, rien de tout ça n'était une volonté d'humilier. Il s'agirait selon lui de marques d'affection : « Mon client a un langage fleuri, à l'image de beaucoup de Français, mais tout cela est affectif. Emmanuel était son protégé ». 

Dans son billet de blog, Emmanuel Trumer  dit aussi avoir "du supporter le racisme décomplexé de cet homme en plus de son homophobie et de comportements très graves envers les femmes". Face à ces accusations, l'avocat de Pierre Menès a annoncé lundi 30 décembre que son client allait porter plainte "dans les 48h". Interrogé par le site internet foot01, l'avocat assure que Pierre Ménès "a un humour très 3ème degré, c’est un bon camarade et il taquine souvent", et qu'il n'a jamais "voulu directement ou indirectement blesser quelqu’un". 

Homophobie ordinaire

La justice décidera si le harcèlement est avéré, mais cette affaire montre encore une fois que l'homophobie ordinaire est répandue dans le milieu du football français, même en dehors du stade. Même affectueusement, utiliser le terme "pédé" pour désigner quelqu'un n'est pas anodin. En 2019, plusieurs matchs ont été interrompus après des chants homophobes, provoquant la colère des associations de supporters et des associations LGBT.

Un supporter de Lens avait été condamné par la commission disciplinaire de la Ligue de Football Professionnelle (LFP) en juillet dernier à 10.000 euros d'amende avec sursis et cinq heures d’activités d’intérêt général pour des chants homophobes lors d'un match Lens-Valenciennes, en avril dernier.

A LIRE AUSSI : Antoine Griezmann : "L'homophobie dans le foot, ça suffit !" 


Sur le même sujet

TÊTU
TÊTU La crème
de l'actualité LGBT
Toutes les semaines, dans votre boite mail