discriminationUn policier porte plainte contre ses collègues après des propos racistes, homophobes et sexistes

Par tetu le 20/01/2020
adolescents de 15 ans tabassé un homme de 50 ans en raison de son homosexualité

Un policier rouennais a découvert une conversation Whatsapp dans laquelle ses collègues multipliaient les propos racistes, homophobes, sexistes... Il a porté plainte.

Il y a encore du travail pour en finir avec les discriminations dans la police. C'est en tout cas ce que révèle la plainte pour "provocation non publique à la discrimination raciale, diffamation non publique à caractère racial, et injures non publiques à caractère racial" déposée en décembre dernier par un policier rouennais, membre de l'Unité d'assistance administrative et judiciaire.

Racisme, homophobie, sexisme...

Ce dernier a en effet découvert un groupe privé Whatsapp entre plusieurs de ses collègues fonctionnaires de police. Selon la rédaction de 76actu, qui a pu consulter les messages, les 11 policiers de Rouen actifs sur le groupe discutent de tout et rien. Mais parmi eux, six se démarquent par des propos régulièrement racistes, homophobes, sexistes ou antisémites...

Selon les informations du média local, jeudi 19 décembre 2019, cet agent de police a aperçu un message avec son nom sur l'écran du téléphone d'un de ses collègues. Il a alors demandé à voir cette conversation qui le citait, et a découvert parmi tous les messages de nombreux propos racistes à son encontre. Ainsi, l'un des membres du groupe a écrit que le plaignant avait "une gueule de nègre qui fout rien", alors qu'un autre a assuré que "les blancs font un travail de meilleure qualité que les noirs". Edifiant.

Enquête en cours

Mais le petit groupe Whatsapp ne s'est pas arrêté au racisme. L'un d'entre eux a par exemple écrit qu'il avait "horreur des noirs et des gays", ou qu'une collègue policière était une "p***  à bougnoules". De nombreux autres messages ouvertement xénophobes, sexistes, homophobes ou antisémites visant d'autres fonctionnaires de police et des magistrats, ont été recensés.

La plainte a donc été déposée au parquet de Rouen le 24 décembre dernier, "pour dénoncer des propos inacceptables, a fortiori lorsqu'ils sont tenus par des personnes dépositaires de l'autorité publique", selon l'avocate du plaignant. L'IPGN, la "police des polices" a depuis été saisie. Une enquête est en cours, et les fonctionnaires mis en cause ont été convoqués. Selon 76actu, les six policiers en question sont toujours en poste.

Police et discriminations

Il semble qu'en 2020, l'homophobie chez certains membres des forces de l'ordre soit toujours d'actualité. Ce qui rend difficile le dépôt de plainte pour de nombreuses personnes LGBT victimes d'agressions ou de discriminations, et les coming out des fonctionnaires de police. Pourtant, en 2018, le député Raphaël Gérard pointait du doigt le manque de formation des policiers dans un courrier adressé au ministère de l'Intérieur. Depuis septembre 2017, les policiers bénéficient de deux heures de formation sur les questions LGBT.

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A Paris, Mickael Bucheron est récemment devenu le premier officier de liaison LGBT de la préfecture, et entend faciliter les rapports entre les personnes LGBT et la police. Des policiers référents sur ces questions ont également été déployés dans quelques grandes villes comme Marseille... Mais c'est encore loin d'être suffisant.

 

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Crédit photo : AFP