AMI5 mots d'ordre mode à suivre en 2020

Par Maxime Der Nahabédian le 28/01/2020
mode

Plus la mode masculine s'installe dans le paysage, et plus elle ose l'audace. Le mois de fashion-weeks qui s'achève en est une nouvelle preuve. TÊTU a repéré 5 tendances à s'approprier pour un look toujours plus flamboyant.

Cette saison nous le dit : l’homme qui défile a appris sa leçon en matière de fluidité de genre. Alors qu’un nouveau “fashion month” vient de s’achever, la mode de l'automne-hiver 2020 reflète
plus que jamais chez l’homme les évolutions de notre société - et les murs qui séparaient il y a peu masculin et féminin semblent désormais tomber petit à petit.

Des robes pour tous 

https://www.instagram.com/p/B7bOypTC_5J/

Parfait exemple de cette évolution, l’homme Gucci d’Alessandro Michele assume sa part de féminité dans une robe à col claudine portée par dessus un jean troué aux genoux (punk avant tout !). Même à Paris, la robe se porte sans complexes chez Loewe. Jonathan Anderson y démontre l’élégance inattendue d’ensembles bustiers dont les jupes ne sont pas sans rappeler l’enfant terrible Jean Paul Gaultier. On citera bien sûr, en matière de genderbending, les collections de Palomo Spain et Ludovic de Saint Sernin (pour le côté sulfureux) et cette saison, surprise, les preppy boys de chez AMI avec leurs chemises à froufrous et jabots.

Think pink !

https://www.instagram.com/p/B7RWGJnA5mm/

On l’aura compris, l’automne-hiver 2020 est la saison de la transgression des règles (si tant est qu’il existe encore des règles en matière de vêtement), et c’est souvent par la couleur que passent les messages les plus forts. Le rose fuchsia en est le meilleur exemple : des costumes deux pièces chez Berluti aux nuances de rose très Seventies de Tom Ford, en passant par le full look d’inspiration militaire vu chez Louis Vuitton, voilà le porte-étendard d’une nouvelle définition de l’élégance masculine.

Portrait craché

https://www.instagram.com/p/B7cFmdmokme/

Jusqu’ici l’hiver s’annonce coloré et sans complexes. Une tendance qui ne fait pas exception aux tricots. Tous ont un point commun : une excentricité graphique (motifs floraux décuplés
chez Dries Van Noten ou cœurs à l’infini chez Marni) qui trouve son point culminant lorsqu’elle affiche directement ses inspirations. Chez Etudes, on ne cache pas son admiration pour le Terminator avec des pulls portants les portraits d’Arnold Schwarzenegger et Edward Furlong, alors que chez Neil Barrett, on préfère arborer la Jeune Fille à la perle sur sa poitrine…

Tout en longueur

https://www.instagram.com/p/B7tLlsxBpYJ/

Si l’oversize a connu son heure de gloire par le passé, cette saison la silhouette se veut parfaitement longiligne. À l’exception bien sûr de l’omniprésente doudoune (“puffer jackets for Winter, groundbreaking”), les coupes sont majoritairement serrées. Givenchy, Acne Studios et Prada, sans doute nostalgiques d’une esthétique grunge du début du millénaire, reviennent tous à l’efficacité d’un débardeur près du corps (tricoté, transparent ou en veston). Probablement une conséquence directe du réchauffement climatique...

Briller en société

https://www.instagram.com/p/B7eeXJaIIw9/

Voilà que l’automne-hiver 2020 marque la fin du règne du streetwear et des sneakers à toutes les sauces. Cette saison, on préférera sortir ses plus beaux habits d’apparat et assumer son goût pour l’opulence. Alexander McQueen, Olivier Rousteing (Balmain) et Kim Jones (Dior) présentent tous des vestes et manteaux embellis de cristaux en tous genres, alors que ce dernier habille chacune de ses silhouettes de gants d’opéra pour une touche finale d’excentricité, tout en contraste.

A LIRE AUSSI : Pour ces 3 créateurs queer, la mode est aussi militante

En définitive, la vraie tendance de fond de cette semaine de la mode masculine semble bien être l’audace. Auparavant timide manifestation qui avait du mal à trouver sa place face au géant du prêt-à-porter féminin, l’homme a laissé ses complexes stylistiques au placard depuis qu’on le laisse défiler aux côtés de ces dames (et c’est bien mieux comme ça). Si bien qu’on pourrait se poser la question : “faut-il encore genrer la Fashion Week ?”

 

Crédit photo : Instagram Ami Paris