homophobieViré de la fédération australienne pour homophobie, ce rugbyman vient d'être recruté par un club français

Par tetu le 29/01/2020
Israel Folau

Le joueur de rugby Israel Folau, viré de la fédération australienne après plusieurs dérapages homophobes, a été recruté par un club perpignanais de rugby à 13. Et c'est un tollé général.

Tout va bien au pays du sport. Le rugbyman homophobe Israel Folau, licencié de la Fédération australienne de rugby après des propos homophobes répétés, jouera la saison prochaine dans le club  de rubgy à 13 de Perpignan, Les Dragons Catalans. Le seul club qui ait accepté de lui ouvrir ses portes, après les refus des clubs du Top 14.

L'ex arrière-vedette du XV d’Australie s'était fait remarquer, à plusieurs reprises, pour des propos particulièrement violents à l'encontre des personnes homosexuelles. Le fervent chrétien, qui s’était opposé à la légalisation du mariage homosexuel dans son pays en 2017, avait déjà affirmé, en avril 2018, que « l’Enfer attendait les homosexuels » à moins qu’ils ne se « repentent de leurs péchés ».  La Fédération australienne s’était alors désolidarisée de son joueur, mais sans pour autant le sanctionner. C'est en 2019 qu'une publication sur son compte Instagram a vraiment mis le feu aux poudres. Sur une affiche, on lisait le message suivant : « Ivrognes, homosexuels, adultères, menteurs, fornicateurs, voleurs, athées, idolâtres, l’Enfer vous attend. Repentez-vous ! Seul Jésus peut vous sauver ». La levée de bouclier mondiale lui avait valu d'être viré de la Fédération de Rugby australienne, et lâché par son sponsor, Asics.

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"Une nouvelle opportunité"

Mais il semblerait que ces sanctions, n'ait rien changé à la volonté du joueur de partager ses appels à la haine. En mai, il publiait sur  Twitter, un lien vers une vidéo d'un évangéliste américain qui mettait en garde contre le mariage entre personnes du même sexe, affirmant notamment que « nous vivons à une époque de gloutonnerie sans précédent, d’inégalités galopantes, de perversions sexuelles indescriptibles ». Ce message est toujours disponible sur le réseau social.  Plus récemment encore, il a affirmé que les incendies qui ravagent l'Australie étaient une punition divine pour avoir légalisé le mariage homosexuel.

Bernard Guasch, le président des Dragons Catalan, a évidemment tenté de justifier l'arrivée de cette nouvelle recrue problématique. "Nous voulons donner à Israel une nouvelle opportunité de briller sur les terrains. Nous n’approuvons et ne partageons pas les propos d’Israel fondés sur sa croyance religieuse sincère. Nous ne partageons ni ne tolérons ses opinions et nous sommes totalement attachés à ce que notre club et notre sport soient ouverts et accueillants pour tout le monde. Nous pensons que ce genre de propos ne devraient pas être exprimées publiquement, en particulier par un sportif de haut niveau. Toute transgression entraînera la résiliation immédiate du contrat d’Israel et une amende substantielle pour le club." 

La Super League "inquiète"

Ce recrutement incompréhensible a provoqué un ras-de-marée de mécontentement. Et en premier lieu, les autres clubs de la Super League, célèbre compétition de rugby à 13 qui rassemble les équipes de France, du Pays de Galles, d'Angleterre et du Canada. Les Wigan Warriors, l'une des équipes star du tournoi, a déjà annoncé qu'ils feraient de leur match contre les Dragons un "Jour des Fiertés", réaffirmant leur soutien à la communauté LGBTQ.

L'ex-rugbyman anglais ouvertement homosexuel Gareth Thomas a également tweeté sa déception, et a annoncé qu'il ne regarderait jamais un match du joueur. "Folau tenait à sa liberté d'expression, alors tout ce que j'espère c'est que les joueurs et les fans aient droit à leur droit de réponse. Je ne le regarderai jamais jouer." 

Les réactions en cascade ont bien sûr fait réagir la Super League, qui dans un communiqué commun avec Fédération anglaise de XIII, a exprimé son inquiétude et sa désapprobation. "Nous accordons une grande valeur à la réputation de notre sport et donnons la priorité à l'inclusion de la diversité. Nous déplorons les commentaires (homophobes) du joueur. Mais la responsabilité morale de faire signer un joueur revient aux clubs. La Super League n'a pas un droit de veto sur la signature de joueurs. Il y a cependant un fort sentiment que cette décision va détourner beaucoup de gens attachés à notre sport..." 

Sur le site du club, Israel Folau assure qu'il ne fera "plus aucun commentaire public à ce sujet", et affirme qu'il n'a "jamais eu l'intention de blesser qui que ce soit". La ministre des sports Roxane Maracineanu, n'a pas réagi à cette nomination.

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