animal crossing"Animal Crossing: New Horizons", le monde virtuel queer-friendly dont on avait besoin

Par Florian Ques le 25/03/2020
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La franchise phare de Nintendo signe un retour triomphant avec un jeu vidéo addictif résolument moderne, et définitivement bienveillant.

Un univers ultra-coloré avec des animaux humanoïdes mignons tout plein qui vous aident à faire d'une île déserte une ville débordante de vie. Tel est le postulat initial d'Animal Crossing, licence à succès du fabricant Nintendo, dont le cinquième opus vient de sortir sur Switch. Et le moins qu'on puisse dire, c'est que ce jeu vidéo est le passe-temps idéal en ces temps de confinement. Positif, distrayant et subtilement queer-friendly, New Horizons mérite toute votre attention.

Pour ceux qui n'auraient pas grandi avec les volets précédents de la franchise, dispersés sur GameCube comme sur Nintendo DS, Animal Crossing: New Horizons se pare d'un concept relativement simple mais toujours efficace. Vous incarnez ici un personnage envoyé sur une île inhabitée avec d'autres compagnons de galère (des animaux attachants, donc).

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Il s'agit ensuite d'obéir aux directives de Tom Nook, un raton-laveur capitaliste déterminé à transformer l'île en bourgade plus attractive. Les missions s'enchaînent alors : pêcher des poissons, cueillir des fruits, dénicher des fossiles... Tout ceci vous semble enfantin ? Ça l'est, en un sens, mais c'est justement l'attrait du jeu. Ça et son innocence réconfortante.

Venez comme vous êtes

L'atout majeur d'Animal Crossing: New Horizons, c'est sa modernité palpable. D'une part, aux antipodes de bon nombre de jeux vidéo, celui-ci vous laisse libre choix quant à votre apparence physique. Bien que l'on doive sélectionner un genre en début de jeu (probablement pour faciliter l'usage des pronoms lors des dialogues), le joueur peut se fringuer comme bon lui semble. On peut être un homme et porter un combo jupe/talons sans qu'aucun de nos voisins animaux ne sourcille. Ah, si seulement nos camarades de la Manif pour tous pouvaient en prendre de la graine.

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Sans en faire des caisses, cet univers vidéo-ludique s'impose comme un espace rassurant où la tolérance et la bienveillance semblent primer sur tout le reste. Il n'y a qu'à jeter un vif coup d’œil aux interactions que le joueur peut avoir avec son voisinage : tout n'est que vannes de daron, conseils avisés et soutien infaillible. Parfois, même, certains de ces concitoyens se révèlent queer-friendly... voire queer tout court, comme l'ont remarqué certains internautes affûtés.

En effet, C.J., un castor que certains joueurs peuvent rencontrer au gré du jeu, mentionne son partenaire prétendument très doué pour fabriquer des objets de collection. De son côté, Merry, une jeune féline toute de rose vêtue, affirme qu'une de ses bandes-dessinées fétiches raconte l'histoire d'amour entre deux princesses. Tout en subtilité, Animal Crossing: New Horizons fait en sorte que ses personnages, en plus d'être adorables au possible, soient des alliés LGBT+. Ça peut être considéré comme anecdotique, certes, mais ce n'est qu'une des innombrables raisons qui font que ce jeu est notre must-have en cette période de confinement.

Une solution anti-stress imparable

En plus de tromper l'ennui, Animal Crossing: New Horizons s'apparente à un remède contre l'anxiété, un peu trop prégnante alors que le coronavirus continue de faire des ravages autour du globe. Alors oui, on est en permanence endetté, auprès d'un raton-laveur qui néglige vos efforts et ne pense qu'à la thune. C'est un fait. Mais il n'y a aucune pression dans ce jeu : on avance à son rythme, on fait les actions qu'on a envie de faire quand on a envie de les faire et pas avant. Et une fois qu'une tâche est accomplie, cela procure un sentiment de satisfaction qui génère irrémédiablement un goût de revenez-y.

On notera, en prime, que l'île dont on est en charge peut être presque entièrement customisée. Au fur et à mesure que les journées de jeu s'enchaînent, des options se débloquent. Le sol peut être altéré, des lacs creusés, des arbres plantés et replantés selon notre bon vouloir. Il est aussi possible de décorer à l'infini notre maison, avec du mobilier lui aussi personnalisable, afin de créer un havre de paix qui nous ressemble. Difficile de trouver plus apaisant.

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Bienveillance IRL

L'avantage final, voire crucial, d'Animal Crossing, c'est sa communauté. Loin de la toxicité ambiante que semble causer certaines franchises réputées, celle-ci mise sur la bienveillance, dans le jeu et en dehors. Sur le Reddit dédié, les joueurs s'échangent les bonnes astuces à connaître alors que les mèmes fusent sur Twitter. Zéro compétition, juste de la bienveillance (oui, c'est le maître mot) et de l'entraide comme on en voit rarement dans le monde des jeux vidéo.

Au bout du compte, ce n'est pas pour rien que New Horizons s'est érigé comme le meilleur lancement sur Switch, devançant les mastodontes Pokémon ou Super Smash Bros. Bien qu'il fasse encore état d'une binarité assez limitante, ce cinquième opus de la licence se présente comme un safe space pour les gamers LGBT+ avec une fluidité dans l'expression de genre assez remarquable et une communauté qui vous accueille à bras ouverts. Puis, c'est aussi l'occasion de rendre un hommage désopilant au Portrait de la jeune fille en feu ou bien de brandir fièrement notre drapeau arc-en-ciel. En ces temps de crise sanitaire et d'incertitude générale, une échappatoire utopique comme Animal Crossing est la bienvenue.

Crédit photo : Nintendo