Corée du SudDes contaminations au Covid-19 dans des clubs LGBT de Séoul provoquent une vague d'homophobie

Par tetu le 11/05/2020
Séoul

Alors que les lieux de convivialité avaient réouvert à Séoul, en Corée du Sud, les autorités ont refermé samedi les boites de nuit après une série de contaminations dans des boîtes gays. Déclenchant une déferlante de commentaires homophobes sur les réseaux sociaux.

Depuis le début de l'épidémie, la Corée du Sud fait office de modèle pour de nombreux pays du monde. Sa gestion rapide, ses dépistages massifs et le traçage systématique des malades ont permis au pays de 51 millions d'habitants de ne compter "que" 256 décès. Fort de ces chiffres, le pays a donc levé progressivement les mesures de confinement, réouvrant les bars, les restaurants, les parcs et les magasins.

Vague d'homophobie

Mais était-ce trop tôt ? Selon les autorités sanitaires, citées par le quotidien Hankyoreh un homme, testé positif au Covid-19 le 7 mai, “s’était rendu dans la nuit du 1er au 2 mai dans cinq établissements du quartier d’Itaewon à Séoul, dont des bars et des boîtes de nuit”. Deux jours plus tard, le 9 mai, 17 personnes qui avaient été en lien avec cet homme malade ont été confirmées positives au virus. Les autorités ont donc été obligées d'annoncer la fermeture des clubs et des bars de la capitale jusqu'à nouvel ordre.

Mais ce qui a mis le feu aux poudres, c'est que trois de ces établissements étaient "fréquentés par des homosexuels", selon le quotidien Asia Times. Un élément qui a déclenché une vague d'homophobie considérable sur les réseaux sociaux de Corée du Sud. Et des inquiétudes pour la communauté LGBT de Séoul.

Crainte d'outing ?

En effet, la Corée du Sud, depuis le début de l'épidémie, a misé sur la technologie pour tenter d'enrayer les contaminations, à travers notamment le traçage numérique. Les 2.000 personnes qui auraient fréquenté les lieux en question ont donc été invitées, par message, à se faire dépister. Mais seule une minorité a répondu à l'appel, craignant "que leur homosexualité soit rendue publique par le système traçage”. La Corée du Sud ne reconnaît pas officiellement les droits des personnes LGBT+, et l'homosexualité y est encore largement taboue dans la population.

Toutefois, le Premier ministre Chung Sye-kyun a déclaré, selon The Korea Times a donc encouragé l’ensemble des personnes ayant passé du temps dans un des cinq établissements à se soumettre à un test en leur promettant une confidentialité absolue “afin de les dissuader de se cacher”.