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« On s’habitue à la violence » : la lettre émouvante de Guillaume Cizeron dans « L’Équipe »

Après avoir fait son coming out médiatique dans TÊTU, le patineur Guillaume Cizeron fait la une de L'Équipe et raconte dans une lettre ouverte son chemin vers l'acceptation.

"Très jeune, je me souviens m'être questionné sur mon identité et mon genre." Samedi 30 mai, le quadruple champion du monde de danse sur glace avec Gabriella Papadakis, Guillaume Cizeron a publié une lettre ouverte dans le journal L'Équipe, intitulée « J'avais le sentiment d'être différent », où il raconte son long chemin vers l'acceptation de son homosexualité. Quelques jours plus tôt, le mardi 26 mai, le patineur de 25 ans faisait officiellement son coming out médiatique sur le site Internet de TÊTU, une prise de parole rare dans l'univers sportif français.

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L'Équipe consacrait, samedi, sa une au jeune sportif, mettant en exergue une citation : "Je ne veux pas seulement dire "Je suis gay" mais contribuer aussi à éduquer". Dans les pages du quotidien, on trouve donc, notamment, la lettre ouverte du jeune patineur artistique. Il raconte que, quand il était enfant, ses camarades de classe lui demandaient s'il était une fille ou un garçon. Question qui l'a taraudé au point de la poser ensuite à sa mère. "J'étais terrifié à l'idée d'être né dans le mauvais corps, pendant longtemps je ne savais pas qu'être gay était une possibilité, je pensais simplement que quelque chose n'allait pas chez moi."

"On s'habitue à la violence"

Influencé par les stéréotypes de genre ambiants, il comprend qu'il doit arrêter de jouer aux Barbies. À l'école primaire, il se retrouve isolé, ne souhaitant pas jouer au foot avec les garçons et voyant ses copines désireuses de rester "entre filles". Au collège, il se cache dans les toilettes pendant la récréation pour éviter le harcèlement, sans pouvoir toujours échapper aux insultes du type : "pédé, tapette, tantouse". "L'accoutumance est le vice de l'intimidation, on s'habitue à la violence, elle devient normale, écrit le sportif. Et bien souvent on finit par croire qu'on la mérite."

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Aujourd'hui encore, il se surprend parfois à réprimer inconsciemment certaines attitudes jugées efféminées. Après avoir remonté la pente et fini par accepter son homosexualité, il a décidé de prendre la parole pour permettre à d'autres de s'assumer à leur tour. "Dans un monde idéal, personne n'aurait besoin d'avoir à justifier ses attirances sexuelles ou romantiques. Comme quelqu'un à qui je tiens beaucoup m'a dit une fois : « Tu mérites d'être aimé. Simplement parce que tu existes. »"

 

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