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Un yéménite condamné en Arabie saoudite pour avoir défendu les personnes LGBT+

La justice saoudienne a condamné un jeune yéménite qui défendait les droits des personnes LGBT+. Il aurait subi un examen anal pour "rechercher des preuves de son homosexualité"

"Chacun est libre de faire ce qu’il veut, et les gays ont des droits. Toutes les personnes ont des droits. J’espère que vous laissez les gays tranquilles et que vous n’intervenez pas dans leur vie. Toutes les personnes sont libres". Mohamed al Bokari a été emprisonné pour avoir prononcé ces mots en Arabie saoudite. Ce ressortissant yéménite a été arrêté le 8 avril dernier à Riyad et placé en détention à Malaz.

Human Rights Watch, a annoncé, ce 27 juillet qu'il a été condamné par la justice saoudienne à 10 mois de prison et de 10.000 Riyals saoudiens (2.200 euros). Après sa peine, il sera renvoyé dans son pays d'origine. Des officiers de sécurité l'ont forcé à un examen anal pour "rechercher des preuves de son homosexualité" avant de le battre et de l'insulter. Ces examens anaux sont dénoncés par la communauté internationale qui les qualifie de torture.

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L'homme, âgé de 29 ans, n'a pas pu avoir accès à un avocat pendant son audition par les juges. Il est accusé de "perversion", "d'imiter les femmes" et de "trouble à l'ordre public". Il a été arrêté après avoir réalisé une vidéo diffusée sur internet. Pendant son live, un de ses abonnés lui demande ce qu'il pense de l'homosexualité, il répond alors que "chacun est libre de faire ce qu'il veut, et les gays ont des droits. J'espère que vous laissez les gays tranquilles et que vous n'intervenez pas dans leur vie", indique Amnesty International.

Il a fui le Yémen après des menaces de mort

Deux proches ont été arrêtés au même moment que Mohamed al Bokari. Ils ont été libérés et expulsés vers le Yémen et se disent inquiets pour la santé de leur ami dont ils n'ont pas de nouvelles depuis deux semaines. Le détenu souffre en effet de problèmes cardiaques et sa santé physique et mentale s'est dégradée. Mohamed al Bokary avait fui le Yémen en guerre après avoir reçu des menaces de mort pour avoir défendu les droits humains. Il avait été victime dans son pays d'une tentative d'enlèvement. Selon HRW, il aurait "confessé d'avoir fui le Yémen parce qu'il 'imitait les femmes'"

Au moment de son arrestation en Arabie saoudite, son permis de séjour était arrivé à expiration. Amnesty a lancé une "action urgente" pour mobiliser la communauté internationale et demander sa libération. "On a de réelles craintes qu'il soit torturé pendant sa détention", indique Sébatien Tüller, responsable des questions LGBTI+ chez Amnesty.

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L'Arabie saoudite ne reconnaît pas les droits des personnes LGBT+. Amnesty rappelle qu'en novembre 2019, l'Agence saoudienne de la sûreté de l'État a annoncé officiellement que le féminisme, l'homosexualité et l'athéisme sont des "idées extrémistes" passibles d'emprisonnement ou de flagellation. Elle a ensuite précisé que la définition donnée de l'extrémisme dans la vidéo "contenait de nombreuses erreurs".  En octobre 2019, Suhail al-Jameel, un influenceur saoudien ouvertement gay, était poursuivi pour avoir publié une photo de lui sur Twitter où on le voit porter un short léopard. Il n'a pas posté de message sur les réseaux sociaux depuis. Le jeune homme risquait alors trois ans d'emprisonnement.

En Arabie saoudite, l'homosexualité est passible de peine de mort

"Le prince Ben Salman tente de redorer l'image de l'Arabie saoudite à l'international en ce qui concerne les droits humains. Il se présente comme un réformateur tout en durcissant la répression contre les défenseurs des droits LGBTQI+", indique Sébastien Tüller. Il rappelle que ce pays fait partie des 13 pays où l'homosexualité est passible de la peine de mort. "On n'arrive pas à obtenir des chiffres précis sur l'application de la peine de mort. Ce qui est certain, c'est que l'Arabie saoudite met en pratique la criminalisation de l'homosexualité", poursuit le militant des droits de l'homme.

 

Article mis à jour le 28 juillet avec la condamnation de Mohamed al Bokari par la justice

Crédit photo : Capture d'écran Facebook


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