étudeDepuis le confinement, les gays et les lesbiennes font moins l'amour

Par Nicolas Scheffer le 21/07/2020
rapport sexuel

Selon une étude Ifop, une lesbienne sur deux et un gay sur trois n'ont toujours pas eu de rapport sexuel depuis le déconfinement. La fermeture des lieux de rencontres l'explique en partie.

Si le confinement a bouleversé nos vies, le coronavirus n'a pas été indolore sur notre vie sexuelle. Notamment lorsqu'il s'agit de rencontrer de nouvelles personnes. Masqué ou non, la distanciation physique est difficilement compatible avec la vie sexuelle. Depuis le 11 mai et la possibilité de sortir de chez soi à plus de 100 kilomètres, plus d'une femme lesbienne sur deux (54%) s'est abstenue d'avoir un rapport sexuel, contre un tiers (28%) des hommes homosexuels.

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C'est ce que révèle la toute dernière enquête de l'Ifop pour Pornhub sur la sexualité des Français*. "Le confinement a obligé les Français célibataires à être dans une forme de disette sexuelle. Malgré le déconfinement, les homos et les bis sont dans une forme de prudence", pointe François Kraus, directeur du pôle Genre, sexualités et santé sexuelle. Surtout, rencontrer quelqu'un paraît plus difficile aux répondants.

Des difficultés pour rencontrer quelqu'un

Près de deux homos sur trois (68%) considèrent qu'un célibataire a plus de difficultés pour rencontrer quelqu'un qu'avant l'arrivée du coronavirus sur le sol français. "C'est une population qui se rencontre beaucoup grâce aux lieux communautaires. Les boites de nuit et les lieux de cruising sont fermés pour la plupart, c'est donc beaucoup plus compliqué de draguer", poursuit l'auteur de l'étude. D'autant que 41% des célibataires gay déclarent vouloir trouver leur âme soeur.

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Mais un homme gay sur deux évite de fréquenter des lieux où il pourrait rencontrer de potentiels partenaires sexuels. Les femmes bies ne sont "que" quatre sur dix à éprouver cette appréhension à faire des rencontres. "Chez les homos et les bi, on constate une forme de prudence où l'on va plutôt voir les personnes que l'on connaît déjà pour éviter de multiplier les rencontres potentiellement risquées à cause du coronavirus", note François Kraus. 66% des hommes déclarent refuser d'avoir un rapport sexuel avec un autre homme qui aurait été touché par le coronavirus. Les femmes lesbiennes sont elles 40% a éviter d'avoir un rapport avec une personne contaminée.

Un sentiment d'insécurité plus prégnant

Enfin, les femmes lesbiennes se sentent moins en sécurité en ce qui concerne les agressions. 85% d'entre-elles considèrent que les hommes sont plus enclins qu'avant à importuner quelqu'un dans un lieu public. Elles sont deux fois plus nombreuses que les femmes hétérosexuelles (37%) ou que les hommes gay (49%). Cela s'explique par une homophobie qui reste présente dans la société. "Toutes les études montrent que les femmes notamment lesbiennes, sont régulièrement importunées", conclut le scientifique

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*Étude Ifop pour Pornhub réalisée par questionnaire auto-administré en ligne du 9 au 12 juin 2020 auprès d’un échantillon de 3018 personnes, représentatif de la population âgée de 18 ans et plus résidant en France métropolitaine. Cet échantillon ne spécifie pas les personnes transgenres.

Crédit Photo : Ketut Subiyanto / Pexels