En Bretagne, un lieu de cruising ciblé par des actes homophobes

Par Nicolas Scheffer le 25/08/2020
cruising

Plusieurs actes d'agression et d'intimidations ont été déclarées dans un bois à quelques kilomètres de Brest. Une bande de vingtenaires intimiderait les gays qui viennent draguer.

La prudence est de mise dans les lieux de cruising. Plusieurs agressions ou actes d'intimidation auraient été recensés dans le bois de Keroual, à proximité de Brest (Finistère). Un habitué des lieux, Arnaud, avertit les personnes LGBT+ dans le journal Ouest France. "Il y a quelques mois, j'ai reçu une pierre sur ma voiture, témoigne le cinquantenaire. Quand je viens ici, je fais très attention". Selon lui, les homos qui fréquentent le lieu sont de plus en plus victimes d'actes homophobes.

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D'ailleurs, plusieurs agressions ont été signalées aux autorités cet été : des pare-brise brisés, des cannettes jetées ou des insultes proférées. Le 18 juillet, les gendarmes ont dû faire le déplacement après un tir au fusil airsoft contre une voiture. Des vingtenaires  auraient pris l'habitude de roder pour empêcher la drague.

Le cruising pour vivre sa sexualité

Depuis des années, le parking de la forêt est un lieu de cruising de la communauté LGBT+. "Ici, je peux vivre ma vie. Personne ne sait, ni mes collègues, ni ma mère et c'est mieux comme ça. Révéler son homosexualité, ça peut détruire une personne", raconte-t-il dans le journal de l'Ouest. Résultat, une fois toutes les deux semaines, il pratique le cruising pour vivre sa sexualité.

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Un témoignage appuyé par l'association AIDES, qui se déplace dans les lieux de cruising pour sensibiliser aux IST (infections sexuellement transmissibles). L'association y distribue gratuitement des préservatifs et des auto-tests qui permettent de connaître son statut sérologique en quelques minutes. "Nous avons reçu des canettes et été insultés. Il y a aussi des personnes qui se sont fait suivre dans les bois", dénonce Lucie Kermagoret, la responsable de l'antenne du Finistère, toujours dans le journal régional. L'association dit reprendre le travail de prévention au début du mois de septembre.

Des victimes qui portent rarement plainte

Les victimes, dont beaucoup ne sont pas out, n'osent pas  toujours alerter les forces de l'ordre. La personne qui a été victime du tir de fusil n'a par exemple pas souhaité porté plainte. Les victimes "ont toujours peur des conséquences sur la vie personnelle et professionnelle", indique Bruno Goidou, co-délégué SOS Homophobie en Bretagne.

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Le maire de Guilers, la commune sur laquelle se trouve le bois de Keroual dit avoir conscience de l'importance du problème. "Le bois doit rester un lieu de tranquillité pour tous, on doit s'y sentir en sécurité", juge-t-il dans Ouest-France.

Mi-aôut à Paris, plusieurs hommes ont été victimes d'actes LGBTphobes. Les policiers n'ont pas voulu retenir le caractère homophobe de leur plainte.

 

Crédit photo : Wikimedia Commons