Cet historien raconte la drague gay dans les toilettes publiques du vieux Lille

L’historien Sébastien Landrieux s’est penché sur l’histoire homosexuelle dans le Nord. Ce passionné d’archives s’est nourri de ses recherches pour balader les curieux dans le Lille des urinoirs et des affaires classées.

Les pédés sont partout !” s'amuse Sébastien Landrieux. Cet historien nordiste propose des visites de Lille au temps des vespasiennes, ces urinoirs publics installés de la fin du XIXe siècle jusqu’au milieu des années 1980. Grâce à des archives judiciaires et journalistiques, le chercheur raconte les nombreuses histoires gays et, dans une très moindre mesure, lesbiennes, des rues et bâtiments de Lille.

Loin d'être sévèrement condamnés par la justice avant les années 50, les homosexuels lillois disposent pendant des décennies de lieux rencontre connus et tolérés, dont font partie les vespasiennes. Le circuit du chercheur serpente dans le jardin Vauban, dans le Vieux-Lille et sur la Grand’Place.

Partouzes dans la grotte de la Sainte-Vierge

Tout commence devant un banc. Sébastien Landrieux se tient dans le jardin Vauban, prêt à raconter la première anecdote croustillante d’une longue série. En 1903, deux hommes en pleine action sur le mobilier et un troisième voyeur sont surpris par un policier. Tous les trois sont condamnés à des peines de prison. Car le code pénal de 1810 instaure le délit d’outrage public à la pudeur: le fait de s’exhiber, d’avoir des relations sexuelles sans chercher à se cacher en fait partie. Il s’agit d’un des rares cas d’arrestation et de jugement d’homosexuels dans la région....


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