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Sur France 2, Marie Cau et Amé livrent deux témoignages bouleversants sur la transidentité

Sur France 2, deux personnes trans ont livré un témoignage touchant à propos de leur transidentité. Alors que Marie Cau, première maire transgenre de France, a parlé du long chemin de son acceptation, tandis qu'Amé a parlé de sa non-binarité pendant son adolescence.

Certaines séquences à la télévision donnent du baume au cœur. Sur France 2, lors de "Ça commence aujourd'hui", Marie Cau, la première maire transgenre de France a raconté son parcours aux côtés d'Amé, une personne non-binaire. Deux générations différentes racontent le regard que portent leurs proches sur leur transidentité. "J'ai toujours été attirée par ce qui est féminin, on me disait 'tu peux pas, toi, tu es un garçon'. Je rentrais dans le rang, j'étais une enfant obéissante", explique Marie Cau.

"Je ressemblais au Joker"

La première fois que Marie s'est habillée, c'était à l'âge de deux ans, se souvient la maire de Tilloy Lez Marchiennes. "Ces souvenirs sont très structurants. Je me souviens m'être habillée avec le rouge à lèvre de ma mère : je ressemblais plus au Joker [qu'à quelqu'un d'autre]", témoigne-t-elle avec humour. Sa mère lui demande alors d'arrêter car "il ne faut pas faire ça".

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Le plus compliqué pour Marie Cau, ce sont les moqueries de sa fratrie. "Les autres enfants vous rappellent que cela ne se fait pas. J'ai compris tout de suite que je n'avais pas le droit. Je l'ai toujours gardé au fond de moi comme une frustration permanente", dit-elle. Au départ, elle suit des études agricoles, avant de constater que le métier est très difficile et se tourne vers l'informatique. "Je suis rentré dans le moule, la course du rail. J'ai fait l'armée, rencontrée mon ex-femme, eu des enfants. Mes enfants m'ont comblée", poursuit-elle. Elle raconte avoir été prise dans un mouvement où elle s'est oubliée... jusqu'à ses quarante ans.

"J'ai posé la lettre et je suis parti"

Amé, est non-binaire. Adolescent, il a commencé par faire son coming out à ses amis. "Je leur ai demandé de m'appeler Amé et de me genrer au masculin. Ils ont tout de suite accepté, je me sentais vraiment mieux. Mais dans la sphère familiale, je n'osais pas, je subissais", témoigne-t-il. Ses parents l'appellent par son deadname (le prénom qu'on lui a assigné à la naissance), mais un jour, Amé ne supporte plus qu'on le genre au féminin.

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À ce moment, il dit ne pas réussir à exprimer ce qu'il ressentait et sa mère l'a invité à écrire une lettre qu'Amé a déposé dans sa chambre juste avant un voyage scolaire, en classe de première. "J'ai posé la lettre et je suis parti. Ma mère m'a dit qu'elle l'avait reçue et qu'on en parlerait calmement à la maison et que quoi qu'il arrive, mes parents m'aiment", témoigne-t-il. Ces mots ont été rassurants pour Amé. "On a encore une confrontation face-à-face à faire, mais ils sont au courant de ce que je ressens", raconte-t-il.

 

Crédit photo : Capture d'écran France 2


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