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Marie Cau, première maire ouvertement transgenre élue en France

Elle vient d'être élue première magistrate du village de Tilloy-lez-Marchiennes et de ses 550 habitants. Sa liste a recueilli plus de 60% des suffrages.

C'est une première. Un symbole d'espoir et d'acceptation. Samedi 23 mai, une femme transgenre vient d'être élue maire de Tilloy-lez-Marchiennes, dans le Nord, par le conseil municipal de ce village de 550 habitants, composé uniquement de membres de sa liste. Ce sont nos confères de la Voix du Nord qui ont relevé l'information.

Marie Cau, 55 ans, “est à ma connaissance la première personne transgenre élue maire en France”, a indiqué à l’AFP Stéphanie Nicot, co-fondatrice de l’Association nationale transgenre (ANT), précisant toutefois que “des personnes ont pu passer sous les radars, ne pas rendre cela public”.

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Ingénieure, titulaire d’un diplôme de technicienne agricole, d’un BTS Horticole et passée par l’armée avant de se “reconvertir dans l’informatique”, Marie Cau a été élue avec 14 voix et un vote nul. Lors du scrutin du 15 mars, les candidats de sa liste avaient obtenu entre 63,5 et 73,1% des suffrages pour un taux de participation de 67,9%.

"Eviter les tracasseries administratives"

"C’est un beau score en période de Covid-19!", se réjouit-elle auprès de l’AFP, “pas du tout surprise, puisque la liste incarnait une volonté de changement”. Marie Cau indique avoir entamé sa transition il y a une quinzaine d’années. Elle n'a “pas encore changé d’état civil” mais compte le faire prochainement, “pour éviter les tracasseries administratives”.

“Je n’ai pas eu à changer de prénom car Marie est mon troisième prénom de naissance et je l’utilise couramment depuis deux ans comme le code civil m’y autorise”, explique-t-elle.

Depuis la loi du 18 novembre 2016, les personnes trans n’ont, en principe, plus à produire de documents médicaux pour faire une demande de changement d’état civil. Cependant, elles doivent toujours passer devant un tribunal pour l’obtenir même si les associations de personnes trans' réclament la réforme de cette procédure en faveur d’un changement d’état civil entièrement libre et gratuit.

"Les gens ne m’ont pas élue parce que j’étais transgenre. Ils ont élu un programme"

“Je ne suis pas une personne militante”, confie Cau, souhaitant rester discrète et se concentrer sur l’action municipale. “Justement, les gens ne m’ont pas élue parce que j’étais transgenre ou contre, ils ont élu un programme. C’est ça qui est intéressant: quand les choses deviennent normales, qu’on n’est pas montré du doigt”, estime-t-elle.

Habitante du village depuis vingt ans, mère de trois enfants et défendant “un modèle basé sur le développement durable, l’économie locale et les circuits courts, le social et le mieux-vivre ensemble”, elle cumulera ses fonctions de maire avec son entreprise de “conseil en informatique”.

Pour la militante Stéphanie Nicot, “cette élection montre que même si la France est très en retard sur toutes les questions relatives aux minorités, nos concitoyens sont de plus en plus progressistes”, choisissant leurs élus “en considérant la valeur des individus, indépendamment de leur identité de genre”.

Crédit image: Décider ensemble à Tilloy-Lez-Marchiennes/Facebook

 

 


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