Le Premier ministre hongrois veut que les gays « laissent les enfants tranquille »

Un livre pour enfants avec des personnages LGBT+ a mis le feu aux poudres en Hongrie, sous l'impulsion de groupes conservateurs. Et le Premier ministre Viktor Orbán est d'accord avec eux.

La Hongrie marche de plus en plus dans les pas de la Pologne. Interrogé sur un livre pour enfants dans lequel certains personnages étaient gays, Viktor Orbán, le premier ministre hongrois a déclaré dimanche que les homosexuels devaient "laisser les enfants tranquilles". "La Hongrie a des lois relatives à l'homosexualité, sur la base d'une approche exceptionnellement tolérante et patiente", a-t-il poursuivi au micro d'une émission de radio publique, écoutée par l'AFP.

Il juge toutefois que la publication de ce livre est une provocation. Le livre – dont le titre traduit en français pourrait être Des histoires pour tous – est un ouvrage pour enfants publié par une association LGBT+. Il rassemble plusieurs histoires, reprenant de célèbres contes pour enfants, mais dont les personnages principaux sont issus de minorités marginalisées, et notamment de la communauté LGBT+. Cendrillon devient ainsi lesbienne, et un·e tueur·se de dragons transgenre se bat contre les monstres fantasy dans une autre histoire de l'album.

"Ligne rouge"

Mais pour Orbán, c'est trop.  Il y a selon lui "une ligne rouge à ne pas franchir". "Pour résumer, laissez nos enfants tranquilles", a conclu l'homme fort de la Hongrie, se rangeant ainsi du côté des conservateurs qui ont tenté de faire retirer le livre des rayons des libraires. Un homme politique d'extrême droite avait même qualifié la publication de "propagande homosexuelle". Une formule qui n'est pas sans rappeler les dispositions russes pour bâillonner les militants LGBT+.

La controverse a cependant fait de la publicité au livre, qui s'est retrouvé en tête des ventes chez plusieurs libraires. Il a également été défendu par l'Association des Éditeurs et des Libraires Hongrois, qui a comparé les réactions des détracteurs du livres aux autodafés des nazis.

La Hongrie s'enfonce dans les LGBTphobies

Cette sortie de Viktor Orbán n'est toutefois pas isolée. Comme en Pologne ou en Russie, la parole LGBTphobe se libère, encouragée par un gouvernement qui fait de moins en moins semblant. Depuis son arrivée au pouvoir en 2010, Viktor Orban a fait réécrire la constitution pour y intégrer que le mariage était l'union d'un homme et d'une femme. En 2018, il a fait interdire les études de genre à l'université. La même année, la comédie musicale Billy Elliot devait annuler ses quinze représentations parce qu'un journal ultraconservateur avait affirmé que cette production allait "transformer les petits garçons hongrois en homosexuels".

Plus tôt cette année, Viktor Orban a profité des pleins pouvoirs qui lui étaient accordés pour faire face à l'épidémie de Covid-19 pour interdire aux personnes trans la possibilité de changer de genre sur leurs documents d'état civil. Destinant de fait les personnes trans à des rapports compliqués voire impossibles avec l'administration, les employeurs ou la police.

Crédit photo : European People's Party/Flickr


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