La Hongrie profite du coronavirus pour s’attaquer aux droits des trans

Alors que le Parlement hongrois a donné lundi les quasi plein pouvoirs au gouvernement, dans le cadre de la lutte contre le coronavirus, le vice-Premier ministre en a profité pour déposer un texte qui remet en cause le droit des citoyens transgenres à changer de mention de sexe à l’état civil.

En pleine dérive autoritaire, la Hongrie n’épargne pas les droits LGBT+. Comme l’a relevé Libération, le gouvernement hongrois, dirigé par l’ultraconservateur Viktor Orbán, a déposé un texte pour que le « sexe à la naissance » figure sur les documents officiels (cartes d’identité, permis de conduire etc.) des citoyens du pays, privant ainsi les personnes trans de leur réelle identité de genre. « Changer son sexe biologique est impossible« , clame le mémorandum gouvernemental consultable depuis mardi 31 mars sur le site du Parlement.

https://twitter.com/ILGAEurope/status/1245381667742789633

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« Nous sommes très préoccupés de voir que le Premier ministre Viktor Orbán a déposé une loi qui bannit la reconnaissance du genre des personnes, a condamné sur Twitter la branche européenne de l’Association internationale lesbienne, gay, bisexuelle, transgenre et intersexe (ILGA-Europe). Les mesures d’urgence ne devraient pas être exploitées pour outrepasser une décision de justice et saper les droits humains des citoyens trans. »

« Coup d’État »

Cette volonté de remettre en cause le changement de la mention de sexe à l’état civil, droit fondamental pour les personnes transgenres, intervient dans un contexte politique tendu. Lundi 30 mars, le Parlement hongrois a voté les pleins pouvoirs, ou presque, à l’exécutif en lui accordant la possibilité de gouverner par ordonnances, dans le cadre de la crise du coronavirus. Un geste dénoncé comme un « coup d’État » par l’opposition et vivement critiqué par la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.

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Rien à voir, a priori, avec les droits des trans. Pourtant, le vice-Premier ministre Zsolt Semjé, membre Parti populaire démocrate-chrétien (KDNP), allié au parti d’Orbán, le Fidesz, en a profité pour déposer ce mémorandum au Parlement, le soir même de la journée internationale pour la visibilité transgenre. « Cette proposition prive les personnes trans en Hongrie de leur possibilité d’utiliser leurs documents sans peur« , s’est alarmée Zsófia Szabó, de l’organisation trans Prizma Közösség, selon le magazine LGBT+ suisse 360°.

 

Crédit photo : European People’s Party/Wikimedia Commons


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