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Pourra-t-on bientôt prendre la PrEP une fois par mois ?

Une étude sur l'islatravir, un anti-rétroviral prometteur, indique que la molécule reste présente dans le corps. Si son efficacité est confirmée, la PrEP pourrait être prise tous les mois.

Qu'est-ce que ça nous faciliterait la vie ! L'islatravir, aussi connu sous le nom de MK-8591, un possible nouvel anti-rétroviral suscite de nombreux espoirs depuis deux ans. Pour cause, contrairement aux autres molécules, ce traitement expérimental est efficace en prévention du VIH pris une fois par semaine. Et même mieux, une nouvelle étude montre qu'il pourrait même être pris une fois par mois. Des études sont en cours pour savoir si un implant annuel fonctionne. Car aujourd'hui, la PrEP doit être prise quotidiennement.

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Mais attendons un peu avant de nous emballer. L'étude, citée par AIDSmap, indique que le médicament reste dans le corps. Elle ne dit pas si la prévention contre le VIH est aussi efficace qu'espérée. La recherche a analysé la présence de la molécule dans le sang et les tissus de 250 volontaires qui ont reçu différents dosages pendant six mois. 100 personnes ont reçu tous les mois 60 milligrammes, 100 autres ont reçu 120 mg, et les 50 restants ont reçu un placebo.

Des résultats encourageants

Pour l'heure, les résultats sont clairement encourageants. Le médicament est resté présent dans le corps avec un taux constant. Les volontaires qui ont reçu les 60mg ont montré une présence du médicament 20 fois supérieure au seuil d'efficacité. Ceux qui ont reçu 120mg ont une présence 40 à 50 fois supérieure au seuil. Les différents taux entre les personnes sont restés dans ce qui était attendu par les chercheurs. Et la présence de la molécule dans le corps est resté constante.

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Est-ce la fin des alarmes quotidiennes sur nos téléphones pour prendre notre PrEP ? Ces résultats montrent que "la molécule permet un retard de quelques semaines lors de la prise", a indiqué la professeure Sharon Hillier de l'université de Pittsburgh, à l'origine de l'étude. Jusqu'à présent, l'efficacité de l'islatravir contre le VIH n'a été étudié que sur des singes, mais des essais sur des humains doivent être menés bientôt.

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Malgré tout, des effets secondaires ont été remarqués. 53% des participants témoignent de nausées, de douleurs à l'estomac, de diarrhées, de complications gastro-intestinales et de maux de tête.

En France, la lutte contre le VIH victime du Covid

En France, le déploiement de la PrEP a été un accélérateur dans la lutte contre le VIH. Mais l'épidémie de coronavirus a sérieusement relégué ce combat après le Covid-19. Pendant le confinement du printemps, les délivrances de PrEP ont accusé une forte baisse par rapport à ce qui était espéré (-36%). Pire encore, les dépistages ont également chuté drastiquement (-56%). Le ministère de la Santé promet un décret qui permettra aux médecins généralistes de prescrire ce médicament préventif. Mais faute d'être correctement écrit, sa publication au Journal officiel prend du retard.  "De l'amateurisme", se désole l'association AIDES.

 

Crédit photo : Sharon McCutcheon / Unsplash


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