eelvLa position de Yannick Jadot sur la GPA ne semble pas faire l'unanimité chez EELV

Par Nicolas Scheffer le 11/03/2021
yannick jadot

Dans une interview à TÊTU, Yannick Jadot plaide pour que l'élection présidentielle de 2022 ouvre le débat de la GPA. Mais sa position ne semble pas faire l'unanimité dans son parti.

C'est une petite grenade qu'a dégoupillée Yannick Jadot dans TÊTU. Le candidat en 2017 pour les Verts et favori pour représenter EELV à la présidentielle 2022, appelle son parti à débattre de la GPA. "Je le dis clairement : il ne peut pas y avoir de marchandisation du corps des femmes. (...) Nous avons aujourd'hui de multiples possibilités d'avoir des enfants, ce qui apporte beaucoup de bonheur à de très nombreuses familles. Cela justifie de réfléchir aux conditions d'une GPA éthique (sic). Il nous faut créer les conditions d'un débat sur les contours d'une possible régulation." 

Un débat au programme de 2017

Car son camp ne semble pas d'accord sur la possibilité d'autoriser ou non la GPA. Certes, le programme de 2017 prévoyait déjà "d'ouvrir un débat contradictoire sur la GPA""Ma conviction, est que les Françaises et les Français sont prêts à débattre et à avancer en intelligence et responsabilité", dit Yannick Jadot. "La vérité, c'est que le parti n'a pas de position sur la GPA" dit-on off, chez EELV.

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Pourtant Julien Bayou, tête de liste EELV en Île-de-France pour les régionales et secrétaire national d'EELV a rappelé dimanche sur LCP que lui-même est contre en reprenant un argument souvent brandi par la Manif Pour Tous : "Il faudrait expliquer ce que c'est : il s'agit de louer le ventre d'une femme (sic) pour permettre à quelqu'un d'avoir des enfants", dit-il, visiblement fatigué.

Avant de poursuivre : "Je ne sais pas le faire sans que ça ne dégénère sous forme de trafic. J'ai peu d'exemples où cela peut s'organiser de manière bénévole, sans qu'il n'y ait de risque de la traite d'êtres humains. À ce stade, je n'ai pas de solution pour une 'GPA éthique', je m'y oppose".

Une "forme de trafic"

Contacté par TÊTU, Julien Bayou assure que son "intervention avait pour but d'expliquer que la GPA sans encadrement telle que pratiquée dans certains pays aboutie à des exploitations de femmes en grandes précarité" et tient à "réaffirmer ici, que tout les enfants nés de GPA même à l'étranger sont des enfants de la République. Ils et elles doivent avoir les mêmes droits et être protégé·es comme tous les enfants." 

Le secrétaire national d'EELV assure que la position du parti est "pragmatique", et appelle, comme Yannick Jadot, à "un débat serein sur la question de la GPA, notamment en prenant en compte les réalités rencontrées par les familles ayant recours à la GPA et les enfants issus de GPA." Une source proche du parti confirme que sur la question, les avis divergent au bureau national.

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Les soutiens à une GPA encadrée se multiplient. Dimanche 7 mars, la ministre de l'Égalité, Élisabeth Moreno s'était dite "favorable" "à tire personnel" à la GPA. "À titre personnel, pour avoir discuté avec des personnes qui ont eu accès à la GPA à l’étranger, et je pense à Jarry qui m’a raconté, qui m’a ouvert les yeux sur ce qu’est la GPA, j’y suis favorable mais de manière très encadrée", a-t-elle déclaré sur RTL. Son gouvernement a pourtant soutenu un recul majeur en interdisant la transcription automatique des états-civils.

Crédit photo : Sebastien Vincent pour TÊTU