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Élisabeth Moreno favorable « à titre personnel » à une « GPA éthique »

La ministre de l'Égalité, Élisabeth Moreno, s'est prononcée en faveur d'une "GPA éthique". Sa position, "à titre personnel", ne reflète pas la position du gouvernement et tranche avec celle de sa prédécesseure.

N'y voyez pas un ballon d'essai pour la prochaine élection présidentielle, assure la ministre en charge de l'Égalité. Dans une interview à RTL, Le Figaro et LCI, Élisabeth Moreno, s'est exprimée "à titre personnel" pour la gestation pour autrui (GPA).

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"À titre personnel, pour avoir discuté avec des personnes qui ont eu accès à la GPA à l’étranger, et je pense à Jarry qui m’a raconté, qui m’a ouvert les yeux sur ce qu’est la GPA, j’y suis favorable mais de manière très encadrée", a-t-elle répondu, rapidement. Malgré cela, Élisabeth Moreno ne veut pas faire d'annonce concernant une prochaine réforme.

Une "GPA éthique"

"Je ne vais pas dire au président de la République ce qu'il doit mettre sur la table", élude-t-elle lorsqu'on lui demande si elle voulait voir cette réforme dans un prochain programme électoral. Car la majorité est très divisée sur la question. Avant elle, Gabriel Attal, alors secrétaire d'État auprès du ministre de l'Éducation a plaidé pour une "GPA éthique". Mais d'autres personnalités du gouvernement s'étaient portées en faux. À commencer par la secrétaire d'état à l'Égalité de l'époque, Marlène Schiappa.

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Sur la gestation pour autrui, "on a tous toujours été extrêmement clairs, à commencer par le président de la République", disait Marlène Schiappa  sur RTL en juillet 2019. Reprenant les arguments de la Manif pour tous, elle indiquait que la mesure "peu[t] glisser vers une marchandisation du corps des femmes à laquelle nous sommes très opposés". "Il n'est pas du tout question d'ouvrir, ni même de débattre de la GPA...", fermait-elle. Avant de rouvrir la porte "... pendant ce quinquennat".

La PMA pour toutes n'est pas encore votée

Quoi qu'il en soit, cette prise de position "personnelle" d'Élisabeth Moreno, va faire débat. À court d'argument pour s'opposer à la PMA pour toutes, la Manif pour tous a assuré que la réforme bioéthique était un premier pas vers la GPA. Cet argument a largement été repris au Sénat, où Les Républicains sont majoritaires. Les conservateurs font tout leur possible pour jouer la montre sur le calendrier d'adoption du projet de loi bioéthique qui contient le volet concernant la PMA pour toutes.

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Pour plaire à cette frange conservatrice, les députés ont d'ailleurs voté un retour en arrière concernant la gestation pour autrui. Désormais, le père qui n'a pas donné ses gamètes devra adopter son propre enfant. Jusqu'à présent, la justice avait acté que l'état civil du pays d'origine devait être retranscrit sans démarche spécifique. Avant que la PMA pour toutes entre en vigueur, le texte doit encore être débattu à l'Assemblée nationale pour une troisième et dernière lecture.

 

Crédit photo : Capture d'écran RTL


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