homophobieAcceptation des personnes LGBTQI+ : le sondage qui fait mal à la France

Par tetu le 01/09/2021
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Les Français se montrent bien plus frileux que les Américains et d'autres Européens sondés dans une enquête YouGov sur la réaction qu'ils auraient face au coming out gay, lesbien, bi, trans ou non-binaire d'un proche…

Les Français sont-ils plus homophobes que les autres ? Le résultat d'un sondage sur l'acceptation des personnes LGBTQI+, portant sur huit pays et diffusé ce mardi 31 août par l'institut britannique YouGov, a en tout cas été très relevé sur les réseaux sociaux français, tant les chiffres montrent un net retard comparé à… toutes les autres populations sondées.

Deux questions simples ont été posées, du 7 au 14 juin derniers, à un échantillon total de 10.175 adultes dont 1.028 en France. D'abord, "comment réagiriez-vous si votre enfant, frère ou sœur, ou bien un membre de votre famille proche faisait son coming out gay, lesbien ou bisexuel ?" ; ensuite, la même question envisageant cette fois un coming out "transgenre ou non-binaire".

Seuls 57% des Français "encourageants" face aux personnes LGBTQI+

À la première question, portant sur l'homosexualité ou la bisexualité, seuls 28% des Français interrogés déclarent qu'ils se montreraient "très encourageants". C'est 20 points de moins que le deuxième pays le moins bien classé, les États-Unis, avec 48% de "I would be very supportive", presque ex-æquo avec l'Allemagne (49%). Les cinq autres pays étudiés dépassent largement les 50% d'acceptation, jusqu'à 82% pour l'Espagne.

Le même décalage se fait jour dans la question sur la transidentité et la non-binarité : seuls 18% des Français sondés déclarent qu'ils se montreraient très encourageants, tandis que les autres populations sondées oscillent entre 41% pour les États-Unis et 78% pour l'Espagne.

Particularité notable : aux deux questions posées, les Français sont les seuls à se montrer majoritairement "un peu favorables" face à un coming out gay/lesbien/bi (30%) ou transgenre/non-binaire (28%). Une tiédeur qui ne réussit pas à les rattraper dans l'addition des résultats positifs, qui atteint un pénible 57% pour la France, bonne dernière du classement. Les autres pays affichent de 66% d'acceptation pour les États-Unis à plus des trois quarts pour tous les autres, jusqu'à 91% pour l'Espagne.

Un record d'ignorants

La visualisation des résultats, dans le graphique réalisé par l'institut de sondage, est frappante, au grand désavantage de la France. Ce qui a fait réagir de nombreux internautes, soit choqué·es soit désabusé·es de ces résultats.

Alors évidemment, chez TÊTU, on a fait grise mine aussi en découvrant le sondage. Mais comme nous sommes aussi d'infatigables optimistes, on a également noté que la France, aux deux questions posées, se classe en tête des indécis : 24% des sondés déclarent qu'ils ne sont "pas sûrs" de ce que serait leur réaction face à un coming out gay/lesbien/bi, alors que dans les autres pays étudiés, cette proportion reste sous les 19% (États-Unis). Même phénomène concernant un coming out transgenre/non-binaire : 27% des Français disent leur incertitude, contre 21% pour les Américains et seulement 8% pour les Espagnols. Ce qui offre la plus belle marge de progression à la France…

S'il est hors de question de faire preuve de relativisme en matière de lutte contre les LGBTphobies, difficile néanmoins de ne pas relever, en outre, que l'Espagne, qui se classe haut la main population se déclarant la plus ouverte face aux personnes LGBTQI+, est également l'un des pays qui a connu ces derniers moins une nette hausse des violences LGBTphobes, à tel point que l'observatoire espagnol de l'homophobie a sonné l'alarme pas plus tard que ce 1er septembre, notant 30% d'augmentation des violences et agressions.

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D'autant plus troublant que le constat est le même pour le deuxième pays du classement, le Royaume-Uni, où les agressions homophobes ont émaillé l'actualité tout l'été. Ce qui appelle à se souvenir que les personnes LGBTQI+ n'attendent pas tant des déclarations que des actes contre les haines qui les ciblent.

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Crédit photo : montage YouGov/Howard Bouchevereau-Unsplash