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Des nouvelles de l’homophobie en Europe : en Belgique, une agression et des autocollants haineux

Victime d'une agression homophobe, un journaliste belge témoigne du découragement des LGBTQI+

Au lendemain du témoignage d'un journaliste rapportant avoir subi une agression homophobe à Bruxelles, la police d'Anvers a ouvert ce week-end une enquête après la multiplication dans la ville d'autocollants LGBTphobes.

Les semaines se suivent et se ressemblent en Europe, avec leur lot d'agressions homophobes : une fois en Espagne, l'autre au Royaume-Uni, en France, en Belgique… Ce vendredi 10 septembre, un journaliste flamand de la chaîne de télé VRT, Riadh Bahri, a rapporté sur Twitter avoir subi une agression homophobe à Bruxelles en promenant son chien. Répondant à un homme qui lui demandait son chemin, il explique avoir alors reçu "quelques coups de poing et de pied", avant que l'agresseur ne lui arrache sa chaîne du cou et ne lui lance "sale pédé". Si ses blessures sont superficielles, l'homme s'est dit "très impressionné" et surtout "très triste" de cette nouvelle manifestation d'une homophobie quotidienne que le pays peine à endiguer.

Riadh Bahri a déposé plainte pour agression homophobe et vol avec violence, a indiqué la porte-parole de la police bruxelloise, citée par le média belge 7 sur 7. La police a démarré une enquête de voisinage et doit également exploiter les images de vidéosurveillance. Au commissariat où il a déposé plainte, le journaliste gay précise : "Les policiers étaient si gentils que je sors avec un léger sourire". Tout en haut de la hiérarchie, la ministre de l'Intérieur, Annelies Verlinden (chrétienne-démocrate flamande) l'a également assuré de son soutien via Twitter : "Incompréhensible. Inacceptable. Prenez soin de vous, Riadh. Et ne cessez jamais de croire en vous".

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Des autocollants LGBTphobes à Anvers

Ce week-end par ailleurs, VRT – la chaîne où travaille justement Riadh Bahri – a rapporté l'ouverture d'une autre enquête de police, cette fois dans la seconde ville la plus peuplée de Belgique, à Anvers, toujours en région flamande dans le nord du pays. La police y a en effet reçu des signalements à propos de l'apparition dans les rues d'autocollants LGBTphobes. On peut y voir le drapeau arc-en-ciel barré des mots "simplement normal", en flamand.

"Nous avons déjà reçu plusieurs signalements depuis ce matin, notre cellule diversité est en train de les compiler tous. Un rapport officiel sera également établi, non seulement pour appel à la haine, mais aussi pour vandalisme. Car les autocollants se retrouvent aussi sur des vitrines et du mobilier urbain", a indiqué ce dimanche 12 septembre le porte-parole de la police cité par VRT.

"La violence verbale contre les gays a augmenté rapidement ces dernières semaines"

Ces stickers "me rappellent ceux qui étaient distribués en 2019 par le journal polonais conservateur Gazeta Polska", a réagi sur Instagram l'autrice et militante Fleur Pierets. En Pologne, des zones autoproclamées "sans idéologie LGBT" sont légitimées par gouvernement d'Andrzej Duda. Et la militante de poursuivre : "Je sais que de nombreuses personnes vont me dire que ce n'est pas grand-chose, mais j'ai le sentiment que ces derniers temps, nous avons dû faire face à une hausse de la haine anti-LGBT. Un ami m'a dit que la violence verbale contre les gays a augmenté rapidement ces dernières semaines".

 

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En mars dernier, le meurtre sur fond d'homophobie d'un homme de 42 ans en Flandre a suscité une grande d'émotion. Selon les éléments d'enquête, trois mineurs auraient attiré l'homme dans un parc via une application de rencontres. Mais le parquet a souligné que le mobile homophobe n'était pas encore arrêté. Le ministre de la Cohésion sociale avait promis des mesures supplémentaires pour lutter contre les LGBTphobies, d'après la RTBF. Parmi celles-ci, la création de safe spaces pour que les victimes de violences et d'intimidations puissent se confier, une visibilité accrue des espaces déjà existants ou encore la réunion des associations LGBTQI+ pour proposer des pistes d'amélioration.

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Crédit photo : Capture d'écran Instagram/@fleurpierets


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