mondeUn premier certificat de naissance non-binaire délivré au Mexique

Par Tessa Lanney le 22/02/2022
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Un·e activiste LGBTQI+ a obtenu aux Mexique le premier certificat de naissance portant le marqueur non-binaire.

Grande première au Mexique. À la suite d'une décision judiciaire inédite, le premier certificat de naissance avec un marqueur de genre non-binaire y a été délivré le 11 février. La bataille a été ardue entre l'activiste Fausto Martínez et l'Institut national électoral (INE) du pays. En septembre 2021, l'étudiant·e en droit âgé·e de 26 ans demande à ce que la mention "NB" apparaissent sur ses documents officiels. Une demande balayée d'un revers de la main par l'INE. L'étudiant·e ne baisse pas les bras et s'associe au directeur exécutif d'Amicus, qui se consacre à la défense et à la promotion de la communauté LGBTQ+ du Mexique, pour contester cette décision.

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"Les personnes non binaires existent"

En janvier 2022, le juge chargé de l'affaire statue en faveur de Fausto Martínez et le 11 février, iel reçoit le précieux document du registre civil de Guanajuato. Avec beaucoup d'émotion, iel célèbre ce moment sans précédent à travers une déclaration sur Twitter. "J'ai toujours dit que ce qui n'était pas nommé n'existait pas. C'est pourquoi il est si important que l'État mexicain reconnaisse que les personnes non binaires existent et sont donc soumises à des droits et des obligations."

Dans la foulée, l'activiste confie à l'agence de presse locale EFE espérer que cette première rende désormais la procédure plus simple et moins coûteuse en termes de "temps et d'argent". En 2019, la Cour suprême du Mexique statuait que les personnes transgenres devaient recevoir de nouveaux certificats de naissance après avoir subi des procédures d'affirmation de genre. "Comme la Cour suprême l'a soutenu dans d'autres affaires, chacun a le droit de définir sa propre identité sexuelle et de genre et il est de la responsabilité de l'État de garantir cette décision, qui se reflète dans les différents documents, principalement dans l'acte de naissance", affirmait le tribunal dans un communiqué rapporté par Reuters. Rappelons toutefois que la même année, le Mexique était considéré comme le deuxième pays le plus dangereux au monde pour les personnes transgenres, derrière le Brésil.

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