LGBTphobieHarcèlement LGBTphobe : Hoshi monte le ton et pointe l'impuissance judiciaire

Par Tessa Lanney le 18/01/2023
Hoshi invitée de la matinale sur France Inter

Alors que le suicide du jeune Lucas replace le harcèlement homophobe sur le devant de la scène médiatique, la chanteuse lesbienne Hoshi rapporte avoir reçu pas moins de 5.000 menaces de mort depuis trois ans, pour lesquelles un seul homme sera jugé en juin…

Son message de tolérance a marqué pour Hoshi le début d'un long cauchemar. Il y a trois ans, la chanteuse embrassait sur la scène des Victoires de la musique l'une de ses danseuses, s'attirant en retour sur internet les foudres habituelles de hordes homophobes. Un harcèlement lesbophobe en ligne devenu permanent depuis lors, et qui fera l'objet d'un procès en juin. Invitée par Léa Salamé à en parler dans la matinale de France Inter ce mercredi 18 janvier, la jeune artiste de 26 ans a expliqué avoir reçu pas moins de 5.000 menaces de mort, dont elle a donné la semaine dernière un aperçu sur les réseaux sociaux, tandis qu'une seule personne comparaîtra au tribunal.

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Décrivant un "enfer psychologique et physique", la chanteuse détaille les conséquences du cyberharcèlement pour les victimes, comme le fait de ne plus oser sortir de chez elle sans être accompagnée, "par traumatisme et par peur". Malgré la violence des messages qui lui sont adressés, Hoshi explique ne pouvoir s'empêcher de les lire, après avoir un temps tenté de s'éloigner des réseaux sociaux, comme si c'était à elle de le faire.

Hoshi réagit au suicide de Lucas

De fait, la jeune femme ne peut pas s'empêcher de penser que l'une des 5.000 menaces reçues – "on va te violer", "on va trouver ta mère et la violer", "on va trouver ton adresse et te tuer"… – pourrait un jour se traduire par un passage à l'acte. C'est d'ailleurs ce qui l'a amenée à déménager. Or, si plusieurs mineurs ont été identifiés au cours de l'enquête suscitée par sa plainte, le procès qui se tiendra en juin ne concernera qu'un seul adulte. "Ce n'est pas possible, ce n'est pas un litige, c'est un raid !", s'insurge-t-elle avant de lâcher : "J'ai l'impression qu'il faut être mort pour faire réagir la justice". En décembre, pour le harcèlement en ligne d'Eddy de Pretto après un concert donné dans une église, onze personnes avaient été condamnées à des peines de trois à six mois de prison avec sursis. D'après Hoshi, il faudrait que les harceleurs condamnés écopent d'une peine de prison ferme afin de dissuader les autres.

Léa Salamé a également fait réagir l'artiste sur le suicide récent de Lucas, 13 ans, victime selon sa famille d'un harcèlement homophobe. "J'ai pleuré, j'étais dévastée, souffle Hoshi. Ils n'arrivent déjà pas à agir pour moi, qui suis médiatisée… On laisse mourir ces gosses-là. On en parle parce qu'il est mort."

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Crédit photo : France Inter