mondeHomophobie d'État en Russie : des bars gays ciblés par des descentes de police

Par Nicolas Scheffer le 04/12/2023
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Au lendemain de l'interdiction d'un pseudo "mouvement international LGBT", une opération de police a visé ce week-end trois clubs LGBT+ ainsi qu'un sauna gay en Russie. À Saint-Pétersbourg, le plus ancien bar gay a dû fermer ses portes.

Après l'offensive par la loi, la répression par la force. En Russie, dans la nuit du vendredi au samedi 2 décembre, des descentes de police ont visé plusieurs lieux de vie LGBT+ à Moscou, ont rapporté plusieurs médias russes. Cette opération coordonnée vers des boîtes de nuit et un sauna gay a eu lieu juste après que la Cour suprême russe a banni pour "extrémisme" un pseudo "mouvement international LGBT".

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Ainsi, un témoin a raconté au média Ostoroshno Novosti que la police a "arrêté la musique" avant de fouiller la boîte de nuit dans laquelle il se trouvait. Les forces de l'ordre auraient également examiné les passeports des personnes présentes. Au moins trois clubs et un sauna auraient été visés par l'opération, recense l'agence France-Presse (AFP). De plus, vendredi 1er décembre, le "Central Station", l'un des plus anciens clubs gays de Saint-Pétersbourg, a annoncé mettre la clef sous la porte en raison du bannissement du "mouvement international LGBT". Cette loi s'ajoute à l'interdiction de la "propagande" de "relations sexuelles non traditionnelles" qui sert d'inspiration au lobby réactionnaire dans le monde entier.

La France condamne

La France a condamné "avec la plus grande fermeté" la décision de la Cour suprême russe, "une nouvelle violation grave et inacceptable des droits de l’Homme en Russie". "La France apporte son plein soutien aux personnes LGBT+ confrontées à l’homophobie d’État en Russie, qui s’appuie sur une propagande haineuse", souligne un communiqué de la ministre des Affaires étrangère, Catherine Colonna, publié à quelques heures de l'opération policière..

Dans une question écrite à la ministre des Affaires étrangères que têtu· a pu consulter, le sénateur communiste Ian Brossat demande des "informations détaillées sur les fonds que la France souhaite allouer aux associations LGBT en Russie" ainsi que les facilités d'obtention de visa pour les personnes LGBTQI+ persécutées en Russie. Le 17 mai dernier, le Quai d'Orsay a annoncé la création d'un fond de deux millions d'euros à disposition des ambassades pour soutenir les associations LGTBQI+ dans les pays répressifs.

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Crédit photo : Jonathan NACKSTRAND / AFP