[Rubrique à retrouver tout l'été dans le magazine des 30 ans de têtu·, ou sur abonnement] "Seul, inconnu, le dos cambré, les yeux bandés, tu sais que je t'attends… et quand tu arriveras, ma porte sera entrouverte, comme moi", pourrait déclarer notre amateur de plans directs "no blabla".
Photographie : Maxime Muller
- Ta maman ne t'a pas appris à dire "bonjour" à tes plans cul ?
Ah, je dis "bonjour"… mais notre conversation s'arrête là. J'aime bien baiser quand je suis en télétravail, entre deux visios, alors pas le temps de niaiser ! Et puis ça évite de perdre son temps, de devoir prendre un café et de se coltiner ses photos de vacances juste pour pouvoir niquer.
À lire aussi : "Tout le plaisir de la cage de chasteté, c'est qu'un autre décide de ta sexualité"
- Ah ouais, même un café, c'est trop ! Beaucoup de mecs aiment bien discuter avant, comment tu fais le tri ?
Sur les applis, je demande : "Comment tu veux que je t'attende ?" Ceux qui ne sont pas dans le délire répondent vaguement, sinon les mecs sont super chauds.
- Tu penses que l'anticipation est plus excitante que la baise elle-même ?
Pour moi, quand le mec sonne à l'interphone et monte dans l'ascenseur, c'est déjà des préliminaires. À ce moment-là, je me rue vers le canap' pour que la première chose qu'il voie en passant la porte, ce soit mon boule qui n'attend que lui. Souvent, il est déjà dur comme du bois, et moi je mouille comme jamais en imaginant sa queue grossir alors qu'il avance dans le couloir de mon immeuble. Lorsque j'entends grincer la porte que j'ai laissée entrouverte, je suis comme un toutou qui attend sa gamelle.
- Et tu les attends à poil, en position ?
Parfois, j'enfile un jock ou un short de sport, ou ça m'arrive d'être en slip-chaussettes : tout dépend de l'humeur du moment et du kiff du gars. Quand le mec arrive et qu'il se déshabille, je suis déjà couvert de sueur, totalement à sa merci. Une fois, en hiver, ça m'a rendu fou d'entendre mon plan dézipper son manteau, impatient de me lécher le trou.
- Tu parles beaucoup du son, mais qu'en est-il de l'image ?
Je préfère avoir les yeux bandés, ça laisse la place à l'imaginaire. Et puis j'adore ne pas savoir dans quel sens il va me retourner. J'ai couché avec un flic bi, marié et discret, au moins dix fois sans jamais avoir vu son visage, pas même en photo. Une fois, il m'a envoyé un message pour me dire qu'il m'avait croisé dans le métro – j'avais l'impression d'avoir senti sa présence, d'ailleurs. Mais un jour, alors qu'on était en pleine partie de jambes en l'air, il m'a retiré mon bandeau et ça a cassé tout le fantasme. Il était beau pourtant, un beau daddy, mais je n'étais plus du tout excité. C'est la dernière fois qu'on s'est vu.
- À recevoir des mecs chez toi, les yeux bandés, tu n'as pas peur ?
Une fois, le flic bi m'avait proposé de ramener un de ses copains. Sauf que j'entendais le mec se promener dans l'appartement et fouiller dans mes affaires. J'ai pris peur, donc j'ai demandé à ce qu'il parte. Je préviens les garçons que je rencontre que si d'un coup, je ne me sens plus en sécurité, j'enlèverai immédiatement mon bandeau. À quatre pattes sans les voir, c'est vrai qu'on est plus vulnérable donc il faut rester vigilant.
À lire aussi : Fist-fucking : "Une grosse partie se joue dans la tête"